jeudi 10 juillet 2008

Higurashi no naku koro ni

De ma courte vie d'otaku, j'ai pourtant eu l'occasion de visionner de nombreuses œuvres, dont je dois bien le dire, très peu m'ont profondément marquées. Parmi ces raretés, il y eu Evangelion, sa fin à la fois merdique et ahurissante de génie (C'est comme ça qu'on évite les polémiques...) ainsi bien sûr que Rei et la découverte de la notion de quiet girl... puis Haruhi, Death Note et Love Hina en manga, en passant par des séries plus humbles comme Ef et Futakoi Alternative... je vous parle de séries au scénario accrocheur, aux personnages que vous vous prenez à adorer et à suivre dans chacun de leurs déboirs, je vous parle du genre de série qui vous fait enchaîner les 26 épisodes/tomes sans prendre la peine de vous nourrir, qui relègue le sommeil et les besoins naturels au rang de contretemps inutiles et qui vous conforte dans votre position d'otaku qui envoie chier le monde réel et ses désagréments.
Et puis, par une nuit sans lune, dans la pénombre de ma chambre, tandis que je venais d'achever quelques jours plus tôt les douze volumes des joyeuses aventures de l'ami Raito et son cahier d'exercice...
... cette nuit là, il y eu Higurashi.

Pour ne rien vous cacher, j'avais déjà entendu parlé de cet anime jusqu'à en avoir lu de nombreuses fois le résumé... qui présentait quelques singularités curieuses mais sans plus... reportant plusieurs fois le visionnage de cette série traitant plus ou moins de meurtres et et de mystères. Jusqu'au jour (Enfin, la nuit donc...) où, en me baladant comme d'habitude sur un forum quelconque, je suis tombé sur une bannière arborant une image pour le moins troublante...


Le commencement d'un mythe...



Genre : Mystère, Drame, Horreur
Support : TV
Nombre d'épisodes : 26
Date de première diffusion : 05-04-2006
Auteur : 07th Expansion (créateurs du jeu dont est tiré l'anime)
Studio : Studio DEEN
Génériques :
Site officiel : http://www.oyashirosama.com/web/



Scénario :

Keiichi Maehara est un jeune adolescent qui, avec sa famille, s'est
installé dans le petit village de Hinamizawa, qui a failli être détruit
par la construction d'un barrage qui a finalement été annulée après
manifestation des habitants.



Keiichi s'habitue bien à sa nouvelle vie, se fait des amies, Rena
Ryuuguu, Mion Sonozaki, Satoko Houjou et Rika Furude,et passe son temps
à jouer à des jeux de société avec elles à l'école durant l'été.
Cependant, il découvre rapidement l'existence d'un meurtre associé à ce

village : un des constructeurs du barrage a été battu à mort à coup de
hache par les villageois. En plus de cela, une hache a été utilisée
pour découper le corps en six. L'un des coupables est encore en
liberté. Quand il aborde le sujet, ses amies affirment pourtant que
rien ne s'est passé et qu'elles ne savent rien du tout.



Arrive le temps du Wataganashi Festival, où Keiichi apprend alors la
vérité du village : chaque année, le jour du festival, une personne
meurt, et une autre disparaît sans que l'on puisse jamais la retrouver.
Les villageois pensent que cela est dû à la malédiction d'Oyas
hiro,
c'est-à-dire la punition des gardiens d'Hinamizawa pour avoir essayé de
noyer la ville. Cela s'est répété pendant 4 ans, et le 5ème évènement
est prêt à se reproduire.

Définitivement une série à part, l'anime est en fait l'adaptation d'une série de jeux du même nom, desquel il tire également son découpage et sa narration un peu spéciale. Il serait dangereux d'en dire plus sans gâcher la surprise, mais la série est séparée en chapitres, au nombre de 6, suivant tous un schéma relativement similaire en terme de scénario et de progression.

Le scénario justement... je ne le répèterais jamais assez, mais il s'agit sans doute de l'histoire qui m'aura le plus tenu en haleine d'un bout à l'autre du récit, nous permettant de suivre les pérégrinations d'un groupe d'amis paumé au milieux d'un village regorgeant de mystère, de ruelles peu fréquentables et de bentô piégés. Ce qui commence dans le premier épisode comme un éternel harem tout kawaï et presque drôle entre personnages gentillets au design certes discutable mais néanmoins sympathique se dégrade peu à peu, inéluctablement, au fil des découvertes, des soupçons, des meurtres et d'une paranoïa grandissante. Le spectateur se retrouve au même titre que le héros au milieux d'un monde où il ne peut faire confiance à personne, même pas à ses plus proches amies qui deviennent réellement terrifiantes entre trois des célèbres grimaces qui ont été la marque de fabrique de la première saison et deux tentatives de meurtres particulièrement vicieuses. Vicieux, c'est le mot d'ordre, glauque, c'est la ligne directrice, tordue, c'est l'atmosphère ambiante. En l'espace de même pas deux épisodes, fini la gentillesse, les gâteaux, les peluches et les nipaah, les haches volent dans tous les sens, les killer-lolis se réveillent en arborent leurs plus beaux yeux de chat et le héros perds les pédales jusqu'au point culminant d'une terrifiante descente aux enfers, il y a du sang, beaucoup de sang, des cris, des larmes et l'éternelle question qui se pose lorsque vient l'apothéose : comment en est-on arrivé là?
Le pire, c'est lorsque l'on finit par avoir cette sensation, puis ce doute et enfin la révélation que ce festival d'éviscération n'est là que pour masquer le véritable mystère qui rôde dans les recoins sombres d'Hinamizawa...

... ça commence toujours comme ça...

Du début à la fin, les véritables enjeux restent flous, que ce soit pour les personnages, comme l'avisé inspecteur Oishi, oscillant entre un air sympathique et un certain désintérêt pour la sécurité des protagonistes, ou bien Keiishi lui-même, qui conservera jusqu'aux derniers épisodes un lourd secret sur son passé avant son arrivée à Hinamizawa, ou pour le contexte en lui-même. En effet, la série s'amuse à surfer sur les différents clichés régissant les films d'horreurs, entre les extra-terrestres, la manipulation mentale par une créature perverse, le coup du double maléfique, le virus insidieux, les hallucinations, les malédictions, le village isolé, les hachoirs bien aiguisés...
Les plus forcenés pourront tenter de suivre le déroulement de l'enquête dans les quelques passages faisant la part belle au genre policier, grappiller des indices et échaffauder des théories pour lever le mystère sur la série de meurtre inexpliquée d'Hinamizawa.
Au final, contrairement à un anime misant uniquement sur les kilolitres de sang déversés à la seconde, Higurashi se permet (En plus d'un taux honorable d'hémoglobine) d'être réellement flippant, entre les séances de tortures qui n'épargnent rien (Pas même les ongles) et les "transformations" des personnages qui surviennent totalement à l'improviste, mon coup de coeur reste quoi qu'il arrive la scène de la boulette de riz spécialement préparée par la jeune fille attentionnée à l'égard du garçon (Vous saisissez la quasi-parodie de harem qui se dessine?)... garçon qui finit par se rendre compte de manière très douloureuse que cette même boulette de riz confectionnée avec amour est criblée d'aiguilles à coudre (Adieu harem... le cauchemar peut commencer)
... ça s'enchaîne toujours comme ça...

Dès les premières secondes du premier épisodes, on comprend que quoi qu'il se passe après l'opening, on va avoir droit à un déchaînement de violence avec tout ce qui s'ensuit...
L'opening, justement, à l'image de la série, il est inquiétant, furieusement inquiétant, et ce n'est pas la voix de Eiko Shimamiya qui viendra améliorer cette impression, ce qui est loin d'être un reproche. La bande-son est impeccable, les musiques en fond sont à la hauteur du traumatisme, les seyuus ont eu l'occasion de s'essayer avec succès à l'art difficile du rire démoniaque... et la quintessence arrive avec ces oppressantes cigales qui viennent prendre la relève de la musique lorsque la tension est à son comble...
L'ending quand à lui est agréable à écouter, avec des images plutôt belles.


... c'est toujours entrecoupé de joyeuses choses comme ça...


Toutes ces qualités scénaristiques mise à part, le véritable point faible de Higurashi, en tant que série plutôt humble, est sa qualité graphique parfois insuffisante, et son chara-design qui pourra en rebuter certains. Ajouter à cela quelques incohérences et manquement (Toujours graphiques, le scénario demeurant irréprochable) comme la fameuse scène de l'échelle durant laquelle la seyuu de Mion est en total décalage avec le ton supposé. De plus, on pourra reprocher quelques essoufflements au niveau du rythme vers le milieu de la série, les arcs les plus prenant demeurant à mon sens le premier et le dernier, mais ça reste extrêmement éphémère.

... et au final, ça finit toujours comme ça.


Malgré ces quelques défauts somme toute assez mineurs, et au-delà de son scénario complexe et prenant, réglé comme un synthétiseur (Et oui, qui se sert de papier à musique de nos jours...), vous aurez bien compris que l'un des principaux intérêts de l'anime est le plaisir carrément dérangé que l'on ressent, lorsque Rena s'énerve, lorsque l'on ne sait plus si Mion a encore toute sa tête ou quand Keiichi est sur le point de faire une énorme connerie. On s'agite sur sa chaise, on se prend à sourire, puis à pousser de petits ricanements de plaisirs lorsque tout s'accélère... et lorsque l'on enclenche la lecture de l'épisode suivant, supposé marqué l'aboutissement du chapitre en cours, on va éteindre la lumière pour être parfaitement dans le noir, puis on retrouve nos héros dans la situation terrifiante dans laquelle on les avait laissé, sous le chant des cigales en pleurs, lors d'un chaud mois de juin de 1983...




Higurashi no naku koro ni demeure à ce jour ma série d'anime préférée, que je recommande chaudement à tous ceux qui pensent pouvoir endurer la vision d'un arrachage d'ongle effectué dans les règles de l'art. Que ce soit pour ses personnages attachants devenus cultes (La petite rousse répondant au doux nom de Rena... la kawai Rika...), son histoire riche et inextricable, son suspens réel, son opening, ses retournements de situations et son ambiance unique, je rends hommage à cette série qui aura accompli l'exploit de me faire écarquiller les yeux devant mon écran et à me faire sursauter sur ma chaise... et ça, c'est assez incroyable pour être souligné.

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