vendredi 29 août 2008

Fanfiction : Le Monde de Suzumiya Haruhi / Chapitre 1

Et voilà le premier chapitre, bonne lecture!



Le monde de Suzumiya Haruhi

Chapitre 1




Fut un temps… ma vie était normale.
Je n’avais aucun rêve, pas la moindre ambition, et je m’étais résigné à vivre dans ce monde définitivement normal pour le restant de mes jours… clair, net et précis.
J’imaginais sans effort que des observateurs extérieurs pourraient donc considérer ma «collision» avec Suzumiya Haruhi comme la lumière au bout du tunnel, ma chance d’échapper à la vie banale qui s’annonçait…
Mais non, parce qu’une lumière comme ça, il valait mieux l'éteindre vite fait… sous peine d’un conflit thermonucléaire global…
Marchant d’un pas lourd vers le lycée, en cette matinée radieuse mais sensiblement enlaidie par mon humeur douteuse, je me remémorais les évènements du dernier soir : lorsqu’une Haruhi ayant sans doute fait sauter les derniers ponts la reliant au monde réel nous annonça aux trois phénomènes de foire et à moi-même qu’elle comptait… voyons voir… « Faire plier ces ennuyeux dirigeants du monde entier pour qu’ils m’obéissent au doigt et à l’œil et commencent sérieusement les recherches d’êtres surnaturels avec lesquels nous pourront nous amuser ! »… et tout ça sans respirer…
Pourtant, dans un surprenant sursaut de bon sens, Haruhi nous renvoya tous chez nous, en marmonnant d’un air machiavélique que nous verrions demain de quoi il retournait exactement… et demain était rapidement devenu aujourd’hui…

Entamant la dernière ligne droite devant me mener vers ma destination finale -et je ne parlais pas seulement du lycée- j’avouai avoir été un peu surpris… en croisant un certain Itsuki Koizumi sur ma route.
« Bonjour », me lança sobrement celui-ci avec un signe de la main.
Je ne savais pas si je devais être rassuré de le voir aussi serein un jour qui s’annonçait tumultueux… mais je m’approchais.
« Salut »
Un court silence suivit, durant lequel mon interlocuteur jeta quelques regards à droite et à gauche, constatant que nous étions relativement isolé par rapport aux autres élèves sur le chemin des cours… et lorsqu’il ouvrit à nouveau la bouche, je savais déjà pertinemment ce qu’il allait dire…
« Pouvons-nous discuter ? »



Comment ça « Pas prévu » ?
« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »
Sur le chemin, nous venions à peine d’entamer la conversation que je ne comprenais déjà plus rien…
« Je veux dire, pour faire simple, que ça devait se passer autrement. »
Ça c’était du développement.
« J’ai bien compris. Ce que je demande, c’est comment toi et ton organisation pouviez bien savoir que ce n’était pas prévu. »
« A te dire vrai… cette information ne vient pas directement de notre organisation… »
« … »
« … »
« Bon, admettons… mais quel rapport avec Asahina ? »
« Et bien, après avoir référé des évènements d’hier à ses supérieurs, Asahina a dû s’absenter. »
De quoi ?!!
« S’absenter ? »
« Oui, afin de tirer au clair cette histoire, j’imagine. »
« Tu imagines ? »
Si même Koizumi n’avait plus aucune certitude fiable, je n’avais plus qu’à allez me suicider.
« Je suis tout aussi surpris que toi, tu sais »
Ça m’étonnerait…
Il y eu un instant de flottement… avant que je ne demande :
« Mais quand bien même, c’est si inquiétant que ça ? »
« Je ne saurais le dire. »
Ben tiens…
« Concrètement, nous n’avons qu’une seule certitude : ce projet de Suzumiya visant à dominer le monde ne devait jamais voir le jour. »
Même venant de la bouche de Koizumi, cette phrase possédait autant de crédibilité à mes yeux que Star Wars… que je n’avais jamais vu non plus d’ailleurs…
« J’imagines que cette certitude vous vient des supérieurs d’Asahina. »
Itsuki me regarda un instant d’un air un peu surpris.
Comme si c’était aussi incroyable qu’une telle déduction émerge de mon cerveau...
« C’est exact », avoua-t-il.
Puis, comme si ce secret n’en avait jamais été un, il poursuivit :
« Les gens du futur sont unanimes : Suzumiya ne devait aucunement avoir une telle ambition… tout du moins, pas maintenant. »
C’était lourd de sous-entendus ça…
« Peut-être qu’ils se sont simplement trompés de date dans leurs archives… »
« Malheureusement, cette hypothèse est à écarter », répliqua Koizumi d’un ton amusé.
« Bon, ils ne se sont pas trompés de période… alors Haruhi est juste en avance sur son planning, pas de quoi en faire un drame, si ? »
« Je serais tenté de te répondre si ».
Nouveau silence…
Un air pensif sur le visage, Koizumi reprit :
« Dis-moi, as-tu entendu parler du paradoxe du grand-père ? »
Je la sentais venir, celle-là…
« Non. »
« Il s’agit d’une expérience de pensée basée sur le voyage temporelle. »
« Et ça sert à quoi ? »
« A en démontrer l’improbabilité. »
Koizumi ne reprit pas immédiatement, satisfait du petit effet de sa phrase sur ma personne…
« Imagines-toi un homme. Cet homme, par un moyen quelconque, retourne dans le passé puis tue son grand-père… et cela bien avant que ce dernier n’ait eu des enfants… »
Je voyais à peu près où il voulait en venir.
« De fait, ce voyageur temporel n’est jamais venu au monde… mais dans ce cas, comment aurait-il pu retourner dans le temps et commettre son acte ? »
Itsuki me regardait comme si il espérait que je réponde à cette question… ce que je me gardais bien de faire…
« Nombreux sont les hommes modernes, auteurs de romans ou philosophes qui se sont penchés sur la question… à l’heure actuelle, et si on ne tient compte que des connaissances disons… « officielles », deux hypothèses tentant d’expliquer cette contradiction existent. »
Connaissances officielles… je ne veux même pas essayer de comprendre ce que ça peut bien vouloir dire…
« La première et la plus probable démontre qu’en tuant son ancêtre, cet homme entraînerait une modification du futur et ainsi la création d’un univers parallèle. »
Ça me faisait penser que je ne n’avais pas non plus vu "Retour vers le futur"...
« La deuxième privilégie la non-modification du futur et permettrait d’interagir avec le passé en laissant sa cohérence à l’Histoire. »
Je pris deux minutes pour réfléchir posément à la question.
« Et donc, quelle est la bonne solution ? »
« Aucune des deux », trancha Itsuki.
Je me demandais alors à quoi avait bien pu servir tout ce monologue, sinon à nous éloigner du sujet…
« Néanmoins, pour la suite tu peux considérer que la première théorie est la plus proche de la réalité… et donc raisonner à partir de cela. »
Je soupirais…
« Bon, admettons… Haruhi fait un truc en avance sur l’horaire… et si je te suis, ce serais parce que quelqu’un a remonté le temps et fait quelque chose qui a tout chamboulé… c’est bien ça ? »
Le garçon me répondit par un hochement de tête affirmatif.
Par un éclair de lucidité, je réalisai :
« Mais alors… ce serait la faute d’Asahina ? »
Koizumi fut moins catégorique :
« Ce n’est pas exclu… mais c’est loin d’être aussi simple. »
« Pourquoi ça ? »
« En remontant le temps et en rencontrant Suzumiya, Asahina est également entrée en contact avec son entourage. »
« Tu veux dire… moi, Nagato et toi ? »
« Oui. Ainsi, elle a interféré d’une façon ou d’une autre avec nos agissements, ce qui signifie… »
« Que c’est peut-être l’un d’entre nous qui a… changé le déroulement des choses. »
« Exactement. »
Bien que je ne parvienne pas à saisir tout ce que cela impliquait, je ne pouvais m’empêcher de ressentir une certaine gêne.
« Mais ce n’est pas tout. »
« Quoi, il y a autre chose ? »
Itsuki mit un peu de temps à répondre :
« … nos amis intergalactiques possèdent également, comme tu le sais déjà, la possibilité d’effectuer des voyages temporels. »
Comment pouvait-il savoir que j'étais au courant?
« Alors… ça pourrait aussi venir de Nagato ? »
« Probablement… »
Probablement…
De fils en aiguilles nous étions déjà parvenus devant les portes du lycée…
« Comme tu peux le constater, Kyon, mes certitudes sur cette affaire sont des plus aléatoires… »
Venant de quelqu'un qui vous avait toujours bluffé -ou exaspéré- par sa capacité à avoir réponse à tout, ça en devenait particulièrement peu rassurant...



Durant toute la durée de la classe, je ne pouvais m’empêcher de jeter de petits coups d’œil à l’organisme humanoïdo-divin occupant la place de derrière… et qui arborait un de ces sourires en coin qui précèdait une fin du monde.
Haruhi ne m’adressa pas la parole de toute la matinée, son regard résolument tourné vers l’extérieur, songeant à je ne sais quel dessein machiavélique pouvant faire passer Hannibal Lecter pour un gentil garçon…

… non… non, j’avais beau chercher, je n’avais pas le souvenir d’avoir vu « Le silence des Agneaux » une seule fois dans ma vie…
Toujours est-il que la pause de midi arriva bien trop rapidement à mon goût…
A peine la sonnerie se fit entendre que Haruhi se rua hors de la classe, me laissant moi et mon désespoir encore une fois sans m’adresser la parole… comme si elle savait pertinemment que j’allais bien finir par la suivre…
Fallait-il qu’elle ait raison…



Le pas lourd, la mine renfermé, c’était avec un entrain dépassant de peu celui d’un mollusque malade que je me dirigeais vers la salle de littérature… tel un condamné à mort suivant la ligne verte…
Parvenu devant la porte close, l’absence confirmée de Mikuru jouant assurément dans mon humeur massacrante, j’hésitais à pénétrer tête la première dans ce piège qui se tendait devant moi, prêt à m’engloutir sans pitié…
Pendant une seconde, je m’imaginais m’enfuir à toute jambe, fabriquer un radeau et me trouver une île déserte, sans Haruhi, sans plan démesuré et mégalomane de conquête du monde et sans cette envie pressente de me pendre à la première occasion… un endroit où je me retrouverais seul au monde…
… « Seul au monde »…
Comme si ça ne suffisait pas, je me rendais compte à présent que ma culture cinématographique était des plus relative…

J’inspirais un bon coup.
Puis, j’entrais.




… …
… … … Qu’est-ce que c’était… que ça ?
Deux personnes étaient présentes… normal.
Haruhi et Yuki… pas de problème.
Haruhi est absorbée par l’écran de son ordinateur et ne semblait pas me voir… tout à fait habituel. Nagato… en fait, c’était là que ça coinçait.
Si on s’attardait sur le simple fait que l’extraterrestre était entrain de lire, on pourrait s’imaginer qu’il n’y avait aucune raison de s’alarmer. Sauf que… il était physiquement, non…
… biologiquement, génétiquement impossible de ne pas tenir compte… du reste.

… Blanche…

… Bunny…


Nagato-Yuki-l’extraterrestre-taciturne-comme-une-tombe-était-habillée-en-bunny-blanche.

Je fis faire plusieurs fois le tour de mon esprit à cette information, je clignais des yeux à répétition… mais rien à faire.
Au-delà des voyageurs dans le temps, des êtres psioniques, des dieux ou des lignes vertes… je me trouvais face à la chose la plus improbable de cet univers et d’ailleurs.
Ça, j’en étais certain…

Un peu tremblant, j’attrapais une chaise et m’écroulais dessus, apercevant subversivement au sol les vêtements de l’interface humanoïde honteusement dépossédée de sa dignité…
Tout à côté, Haruhi était toujours à pianoter nerveusement sur son clavier… apparemment, elle était un peu irritée…
L’esprit embrumé, comme si mes derniers repères en ce monde fou venaient de s’envoler, je voulais néanmoins savoir… je voulais comprendre…
« Euh… Haruhi ? »
« Hmm ? », fit-elle abruptement.
« … et bien… je… »
Blocage… impossible d’aller plus loin.
Après tout, pouvais-je sérieusement croire que Haruhi me donnerait une réponse satisfaisante ? Qu’elle m’expliquerait le pourquoi du comment de cet acte illogique et irréfléchis ?
Non…
« Euh… rien. »
« Alors ne me dérange pas quand je travail ! »
Quel travail ?
Une nouvelle fois, j’inspirais une grande bouffée d’air. Allons, allons, il fallait que je retrouve mes esprits, réfléchir calmement…
Après tout, ce n’était pas si compliqué à comprendre, avec un minimum de raisonnement…
Ayant appris d’une façon ou d’une autre que Mikuru serait absente aujourd’hui, notre estimable capitaine de brigade avait décidé de remplacer la mascotte du groupe par la seule personne disponible… ce qui n’avait pas l’air de la calmer pour autant…
Yuki tourna une page de son livre, et ce simple geste suffit à faire trembler les longues oreilles immaculées de son déguisement…
… ainsi que ma propre santé mentale.
Mon dieu… qu’avais-je donc fait pour en arriver là ?

Les minutes passèrent dans un silence à peine troublé par les pianotements incessants de Haruhi et les battements de mon cœur prêt à se désagréger à la vue d’une extraterrestre en bunny girl…
J’essayais vainement de faire le vide dans ma tête lorsque la porte du local s’ouvrit soudainement… laissant apparaître un sourire familier.
« Désolé pour le retard », s’excusa bien bas Koizumi.
A peine cette phrase fut achevée que Haruhi laissa en plan son « travail » pour se lever vivement de sa chaise, le sourire jusqu’aux oreilles.
« Parfait ! Tout le monde est là ! »
A croire que Mikuru n’avait jamais eu d’autre utilité que de faire la mascotte…
Nagato tourna une autre page de son bouquin…
Koizumi se trouva également sur une chaise.
Seule notre chef autoproclamé restait donc debout, nous surplombant de toute sa hauteur…
Avec assurance, elle déclara :
« Je vais maintenant vous exposer en détail les points essentiels du plan final ! »
Adieu monde des vivants… ce fus éphémère mais intense…

« Toc » « toc » « toc ».
Quelqu’un venait de frapper à la porte…
Retrouvant son expression irritée, Haruhi s’écria :
« Qui c’est ? Les geeks ne sont pas admis ici ! »

Il y eu un son étouffé… puis, la porte s’ouvrit lentement…




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Et hop, le prochain chapitre devrait normalement mettre moins de temps à arriver.
Sur ce!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Toujours intéressante à lire, et toujours super les comparaisons !
J'ai encore hâte de lire la suite!