jeudi 24 décembre 2009

Houkago Play : Do you wanna play with me?

L'expérience m'a appris que noël, c'était bien surtout quand on savait quoi se faire offrir, que ce soit par soi-même ou par les autres (et je zut tous ceux qui viendront me parler de l'aspect convivial, famille, gueleton et tutti quanti). Seulement voilà, la seule et unique chose que je souhaiterais vraiment trouver sous mon sapin le soir du réveillon se trouve planqué dans un recoin du japon, loin, très loin de toute boutique en ligne exerçant la vente à l'étranger. Du coup, je me demande sérieusement si je n'aurais pas plus vite fait d'aller chercher la chose en question moi-même...
Mayrde, stune idée, ça...

Blablateries mises à part, le Grimanoir reprend du service après une petite période dédiée à la confection d'une fanfiction en vue d'un concours organisé par la très-haute, j'espère pouvoir vous la faire partager une fois que les juges (im)partiaux auront rendu leur sentence.
Sur ce, et comme ça commence à devenir un peu la routine dans les environs, je m'en vais vous causer d'un petit manga plutôt atypique que j'ai récemment découvert lors d'une de mes nombreuses soirées passées au coin du feu, laissant mon esprit dériver au gré de visions suaves et poétiques...

Hougako Play


Petit manga sans prétention (ce qui ne l'a pas empêché d'obtenir un succès suffisant pour donner naissance à quelques produits dérivés forts sympathiques et toute une pléthore de doujin H...), Houkago Play ou "After School Play" nous narre le quotidien un brin geekesque d'un couple de gamer (Comme quoi HP se poserait en preuve qu'on peut être otake et en couple, cela dit ça reste à confirmer) qui tenteront occasionnellement de faire évoluer leur relation jusqu'à un point plus... physique (désolé de péter immédiatement l'ambiance mais non, pas de H dans HP (et promis, j'arrête avec les parenthèses à répétitions)) le tout sous forme de 4koma.



On touche donc ici à du slice of life pur jus, l'actio... euh, le récit se déroulant presque exclusivement dans la chambre du petit copain (petit de corps et d'esprit) recevant la visite de sa tsundere de petite amie (Qui n'est pas petite du tout, par contre, question tsundere... (j'avais pas dit que j'arrêtais avec les parenthèses?)). Au programme : de passionnantes discussions philosophiques soutenues par de solides argumentations ayant pour objet la nécessité d'acheter Met¤l Gear, d'excitantes parties de jeu de course à vous en décoller les mirettes, des talons hauts, de la domination, des lattages en règle (beaucoup) dans la plus ancienne et respectueuses tradition tsundere avec pour épicer des instants dere à vous en frapper la gueule sur une mine de crayon, les amateurs de blush vont baver.



Certains d'entre vous pourront me dire : "Le trait est tout de même un peu bizarre", ce à quoi je leur répondrais d'un ton incisif : "C'est pas faux, ça plaira pas à tout le monde". L'ensemble dégage une vague impression de prémisses burtoniennes, avec nos deux persos tirant des tronches assez improbables tout du long (les scènes de blush constituant une certaine forme d'apothéose). Pour autant, si l'on parvient à accrocher aux graphismes, on se prendra vite à apprécier ce duo pour le moins original, même si ne démontrant pas une diversité transcendante dans leurs activités quotidiennes (ce n'est certes pas ce que l'on attend d'un 4koma slice of life, mais l'impression de répétition a tendance à se faire très présente).

Le principale intérêt que je retiendrais de ce one-shot, c'est bien entendu la relation entre les deux persos, qui subiras tout du long une progression en dents de scie. Mais commencer une histoire avec un couple tout ce qu'il y a de plus amoureux (même si se gardant bien d'en faire trop étalage), ça a un petit quelque chose d'aussi rare que plaisant.
La petite amie fait des pieds et des mains (surtout des pieds, en fait) pour se "rapprocher" de son petit copain et enfin lui dérober un sacro-saint baiser... seulement ça, c'est jusqu'à ce que sa nature de tsundere ne vienne immanquablement tout faire foirer. De son côté, le petit copain ne fait pas montre d'un besoin excessif de chaleur humaine, mais saura prendre les devants devant l'adversité.



Braif, si l'on excepte un design tout ce qu'il y a de plus conceptuel et une possible lenteur en milieux de parcours (largement compensée par la partie finale), Houkago Play saura raviver l'espoir qui sommeil en certains d'entre nous, celui de croire que l'on peut être un gamer et avoir une tsundere qui passe vous voir tous les jours pour faire des parties de bomberman avant d'essayer désespérément de vous embrasser. J'ajoute qu'en l'espace de 130 pages, j'ai fait des progrès considérables en argot anglais... mais ça ne concerne peut-être que moi.

Vous pouvez tester, ça claque.




Ah, j'oubliais, puisque maintenant quand on bloggue il faut être philosophe et proposer une argumentation béton, je prend soin de préciser que cet article a été approuvé par Mark Gormley.
Si ça c'est pas de l'argument qui claque...

vendredi 20 novembre 2009

Fanfiction : Le Monde de Suzumiya Haruhi / Chapitre 5

Yop, une suite plus longue pour un temps de gestation en conséquence. Qu'à cela ne tienne, il est bien là, pour vous, en dolbi digital sensurrund muet multibichromatique de type typographique avec des points (beaucoup).
Sur ce je vais arrêter de dire trop de connerie, et vous souhaiter une bonne lecture!




LE MONDE DE HARUHI SUZUMIYA

CHAPITRE 5






Trois jours plus tôt, Haruhi participait à une tombola organisée dans un supermarché du centre-ville, où son œil de lynx avait isolé comme prix potentiel une imprimante laser dernier cri avec scanner intégré. Loin de moi l’idée de prétendre savoir ce qu’elle comptait faire d’une imprimante laser dernier cri avec scanner intégré – l’important n’étant pas là – mais la suite prouva que Haruhi, elle, avait déjà de grands projets la concernant. C’était en tout cas l’explication la plus évidente à ce qui suivit, si on tenait compte de l’acharnement obsessionnel que Haruhi démontra afin de s’approprier ladite imprimante laser dernier cri… avec scanner intégré.
Ainsi, lorsqu’elle en eu assez de dilapider son argent à force de perdre à ladite tombola – ce qui arriva tout de même six fois de suite – Haruhi entreprit sans se laisser démonter d’obtenir ce qu’elle considérait lui revenir de droit par tous les moyens possibles et imaginables.
L’absence d’Asahina à son côté la privant de son principal argument de marchandage, Haruhi due se contenter d’user de ressources plus accessibles. Cela comptait le traditionnel scandale public, la fausse dénonciation de tricherie, la prise à partie d’un passant involontaire, … ainsi qu’une nouveauté, qui consistait à menacer le quidam préposé à la loterie de se prendre elle-même en photo dans le plus simple appareil, avant d’envoyer à sa femme les clichés au contenu subversif – pour ne pas dire complètement pervers – et saturé de sous-entendus.
Il va sans dire qu’une telle manœuvre aurait sans doute porté ses fruit si Haruhi était tombée sur une de ses habituelles victimes, le genre inquiet de son image et très docile devant la menace. Cependant, l’avide tyran en jupe fut cette fois confronté à un tout autre format d’adversaire, sous les traits d’un jeune type aigri de nature, sûrement machiste sur les bords et célibataire endurci de surcroit. Lequel clamait avec véhémence qu’en aucun cas il ne cèderait son imprimante laser dernier cri avec scanner intégré à ce qu’il se plaisait à appeler « une de ces enquiquineuses mauvaises perdantes persuadées qu’être jolie suffit à mettre le monde à leurs pieds ». Le plus étonnant n’étant finalement pas la ténacité inconsciente que le vendeur démontrait mais le fait qu’il soit parvenu à glisser un compliment au milieu de toutes ces piques.
La bataille perdura un bon moment au sein de la galerie marchande du grand magasin, sous les regards atterrés des passants qui auraient eu bien du mal à déterminer lequel de ces deux forcenés était le plus coriace. Cependant, l’affrontement eut une fin prématurée lorsque le responsable de la grande surface débarqua en trombe, alerté par la sécurité et le mouvement de foule grandissant qui menaçait de dégénérer en véritable émeute. Celui-ci proposa alors à Haruhi un lot de consolation, afin de lui faire lâcher prise. Haruhi aurait bien refusé l’offre pour obtenir l’objet exacte de sa convoitise, si elle n’avait pas dû se rendre en cours dans les dix prochaines minutes. C’est ainsi qu’elle s’était retrouvée en possession d’une poignée de tickets utilisables dans le cinéma du quartier, tandis qu’une guerre meurtrière fut évitée de quelques cheveux.
Déçue, mais moins que si elle était revenue complètement bredouille, Haruhi ne mit pas longtemps à se remettre de sa déception éclair, lorsque son regard avisé se posa un peu plus tard sur les pages d’un magazine traitant du septième art. Il n’en fallut pas plus pour la faire arriver en trombe dans la salle du club, toute contente de nous intimer l’ordre de l’accompagner voir un film traitant de… fantômes.

Fort malheureusement, un grain de sable vint lui rappeler que dans la vraie vie, tout ne se passait pas exactement comme on le voulait.

Ainsi, Mikuru avait due tenir le lit après avoir attrapé froid la veille, en essayant un nouveau costume trop découvert que je préfèrerais tenir secret, la laissant dans l’incapacité d’effectuer une quelconque sortie. Koizumi, de son côté, avait plié bagage l’espace de deux jours afin de régler une affaire interne à son organisation de tordus. Une question de sous-effectif ou je ne sais quoi. Pour finir, Nagato s’était… absentée. Je ne savais pas bien pourquoi, d’ailleurs. Mais bref, je m’étais donc par la force des choses – ou un vaste complot très bien organisé – retrouvé le seul idiot disponible pour accompagner mademoiselle à son cinéma, et cela pour voir un quelconque navet qui ne m’inspirait rien de transcendant.


Voici très précisément ce qui aurait dû se passer.


Seulement voilà…
… Curieusement, dans la vie, tout ne se passait pas exactement comme on le voulait.


Parce que Haruhi était plus occupée à tenter de dominer le monde qu’à faire des courses, elle ne participa jamais à cette tombola.
Parce qu’elle était retournée dans le futur sur ces entrefaites, justement à cause des agissements imprévus de Haruhi, Mikuru n’eut jamais l’occasion d’attraper froid et de se retrouver obligée de rester alitée.
Parce que le degré d’urgence de la situation actuelle faisait passer les basses affaires de sous-effectifs pour des détails insignifiants, Koizumi avait été maintenu à sa place au plus près de Haruhi.
Nagato, quand à elle, semblait ne pas avoir bougé de sa chaise depuis la semaine dernière, si ce n’était à l’occasion d’un entraînement de judo vaseux.

C’était là ce que m’avait raconté Mikuru… ça et bien d’autres choses.
Des choses comme un résumé détaillé des dix prochaines années de la vie de Suzumiya Haruhi…




En y repensant… Je ne dirais pas que j’avais la trouille – d’autant que j’en avais déjà fais la remarque il n’y a pas si longtemps – mais…
Comment dire…
… L’on venait de me révéler ce qui ne semblait pas moins que la destinée de Haruhi, une destinée que je devais moi-même, en tant qu’agent du futur par intérim, veiller à ce qu’elle se déroule tel quel.
Bizarrement… tout cela me rendait un peu…


Je ne savais pas.
Je n’en avais aucune idée, pas la moindre.
Rien à faire, rien à dire, je ne savais définitivement pas quoi en penser, ni comment réagir. Et chaque fois que cette histoire me revenait à l’esprit – soit à chaque secondes de chaque jour depuis cette fameuse entrevue – ma tête me semblait se vider d’un seul coup. Un vide qu’il serait plus judicieux de comparé à un trou noir, dispersant ma capacité de réflexion aux quatre coins de cet univers.
Alors, machinalement, sans vraiment y songer, je me suis procuré deux tickets de cinéma, je me suis assuré de choisir la séance précise qu’aurait décidé Haruhi en temps « normal », et je me suis résolu à aller voir ce film de fantôme en sa seule compagnie. Sans vraiment comprendre à quoi cela pourrait bien me mener.
Même détenteur de ces fichues informations de niveau 6 et de l’emploi du temps de Haruhi pour la décennie à venir, j’avais l’impression de ne rien savoir…
Si.
Il y avait une chose dont j’étais certain.
J’avais la trouille.

… Pour ne rien arranger, le film fut franchement moyen.


Le claquement de ma main contre ma joue eut l’effet escompté : celui de me faire retrouver mes esprits. Car l’heure n’était pas à l’introspection, elle était très précisément à 23h23, et mon petit doigt me disait que j’étais légèrement en retard.
Me dirigeant dans la direction opposée à celle qu’avait emprunté Haruhi lorsque nous nous étions séparés plus tôt, je sprintais tel un champion olympique du 100 mètres dopé et traqué par le fisc afin d’espérer parvenir à temps à mon second rendez-vous de la soirée.
« Ma porte restera ouverte jusqu’à minuit » m’avait-elle prévenu, sans toutefois me gratifier d’une explication quand à cet horaire inhabituellement stricte. Nagato comptait-elle se coucher tôt ? Attendait-elle du monde à part moi ? Allait-elle sortir danser en boîte de nuit… ?

… Je devais vraiment être très fatigué. Un peu de repos me ferait le plus grand bien.
Cela dit, ma question demeurait en suspend. Asahina ne m’avait d’ailleurs rien dit à ce sujet, se contentant de me narrer ce qui concernait directement Haruhi. Ainsi, la belle rousse avait commencé par me faire un compte-rendu détaillé de la semaine à venir, que j’avais dû mémoriser à l’heure près, avec pour consignes expresses de veiller à ce que ce présent-ci ne diffère le moins possible de ce qui était prévu par les gens du futur, sous peine de voir la séparation s’accentuer entre les deux espaces temporels.
Je ne pouvais pas dire que les débuts furent fructueux, n’ayant pas pu empêcher Haruhi de mener à bien son projet d’entraînement de judo. Mais ma récente manœuvre cinéphilique vint m’apporter une once d’optimisme. Peut-être arriverais-je à me débrouiller pour que les choses ne dégénèrent pas… Du moins au début.
Car après m’avoir parlé de la semaine à suivre, la Asahina adulte m’avait raconté – un peu plus brièvement – ce à quoi je devrais faire face dans le prochain mois…
Puis, globalement, les évènements importants qui devaient ponctuer l’année prochaine…

… Avant d’aborder cette fameuse décennie.
En partant du principe qu’un miracle ne se produise, et que je parvienne à faire en sorte que tout se passe comme prévu, il allait se produire beaucoup de choses dans les temps à venir…
Pas de mauvaises choses en soi, Asahina m’ayant bien dit que l’avenir s’annonçait radieux, mais des changements importants…
Dans la vie de Haruhi…

… et aussi dans la mienne.


Un poteau salvateur aux abords d’un petit parc me permit de me rattraper et de conserver un semblant d’équilibre, exténué que j’étais à tenter de traverser la moitié de la ville en courant. Le souffle rauque, le regard perdu, je traquais le moindre panneau susceptible de m’assurer que j’étais toujours sur le bon chemin.
23h27, zut de zut !
A priori, j’étais presque arrivé… mais mon corps me hurlait de faire une pause, sous peine de se disloquer au moindre pas de plus. M’évertuant à retrouver un rythme cardiaque décent, je tentais de faire disparaître les mouches voletant devant mes yeux en secouant frénétiquement la tête, ce qui eu juste pour effet de me rendre encore plus hagard. J’imagine que c’était en partie à cause de ça que je n’avais pas remarqué tout de suite…
Je m’abstins de sursauter sur le coup de la surprise, peut-être parce que dans l’état d’esprit dans lequel je me trouvais, j’étais devenu insensible à toute tentative d’intimidation. Mais les faits étaient là…
L’endroit était désert, aucune voiture ne passait dans la rue voisine.
A bien y regarder, j’étais seul. Complètement seul…

… si on exceptait ce type qui ne m’avait pas lâché du regard depuis mon arrivée.

A ma droite, je pouvais distinguer dans la pénombre une série de 4 ou 5 bancs en bois… et sur l’un d’entre eux, le plus proche de ma position, une silhouette assise sur le bord du dossier semblait particulièrement attentive à mes faits et gestes. Mon rendez-vous urgent me sortant soudainement de la tête, je me mis à scruter l’obscurité, pas vraiment rassuré d’être ainsi détaillé de la sorte par un sinistre inconnu. D’instinct, j’aurais dit que c’était un homme, d’une taille… difficile à déterminer au vue de sa position. Il portait une simple veste sans manche, ce qui pouvait paraître incongrue étant donné la fraicheur ambiante. Une capuche rabattue sur son crâne plutôt chevelu n’arrangeant nullement son air résolument pessimiste, le type ne bougeait presque pas… si on exceptait le petit sourire moqueur et potentiellement glauque qu’il semblait m’adresser.
« Vous n’avez jamais vu quelqu’un de fatigué ? » lui demandais-je avec un grain d’irritation.
J’eu à peine achevé ma phrase que l’ambiance sembla s’alourdir aussi sec. Le type arrêta subitement de sourire. En fait, pour une raison aussi obscure que les poches de ma veste, il avait l’air complètement abasourdi.
« Quoi ? » demanda-t-il sur le ton de quelqu’un qui n’avait pas compris une blague.
Soupirant à plein rendement, je repris sans toutefois y croire :
« J’ai dit : « Vous n’avez jamais vu quelqu’un de fatigué ? » »
Après une courte seconde de latence, le type sembla se prendre un véritable électrochoc. D’un bond, il sauta sur ses jambes, à tel point que je le cru bien parti pour venir me faire ravaler mon irritation mal placée. Mais il ne se montra nullement agressif… et se contenta d’arborer ce même air ébahis, avant de lâcher, lui-même comme s’il n’y croyait pas :
« Tu… tu peux me voir ? »

Un regard rapide à ma montre… 23h30 !
Mes jambes bougèrent toutes seules. Ce n’était pas que rater l’occasion de discuter au clair de lune avec un quidam potentiellement murgé ne me déplaisait, mais j’avais une affaire en cours autrement plus préoccupante que le problème de l’alcool dans la société moderne. Laissant en plan ledit quidam, je décidais de parcourir d’une traite la distance qu’il me restait à parcourir, quitte à mourir deux ou trois fois en cours de route.
Ça aurait au moins l’avantage de me libérer de toutes ces bêtises.
Bien content de mettre de la distance entre moi et un morceau de la misère du monde, j’accélérais encore la cadence, tout en jetant quelques regards par dessus mon épaule pour m’assurer un peu bêtement que je n’étais pas suivi.

C’est aux alentours de 23h34 très précise que les lignes familières de l’immeuble qui faisait office d’ambassade extraterrestre m’apparurent enfin. Caressant nonchalamment la future bosse sur mon crâne résultant d’une très récente collision avec un lampadaire, je me répétais inutilement que lorsqu’on courait, il était plus prudent de regarder devant soi au lieu de jeter (bêtement) des regards par dessus son épaule…
Décidé à ne plus perdre de temps, je m’approchais de l’interphone à côté de la porte avant de pianoter nerveusement sur le clavier de quoi contacter l’appartement 708…
Un grésillement électronique se fit entendre. Sans plus de cérémonie, j’enchainais avec une assurance que je voulais sans faille :
« Oui, c’est moi, enfin moi… je veux dire c’est Kyon… euh, pas « Kyon », enfin si mais ce que je veux dire c’est que… »
Un bip vint couper court au ridicule de la situation. La dignité humaine ma paraissant décidemment bien délicate à garder au niveau, je choisis de passer outre et de pénétrer dans l’immeuble. Empruntant l’ascenseur qui me conduisit sans encombre au septième étage, je parvins devant la porte de l’appartement 708, un peu moins détendu que prévu.
Sachant pertinemment que le temps était compté, je poussais délicatement la porte.

Nagato était là, debout dans son uniforme du lycée, ses grands yeux froids posés sur l’entrée de son humble demeure.
« Euh… bonsoir », dis-je en levant la main comme un beau demeuré.
Par miracle, Nagato prit tout de même la peine de m’adresser un léger signe de tête, avant de tourner les talons, m’invitant à la suivre dans le salon… enfin c’était ce qu’il semblait… je crois.
La même pièce quasiment vide, la même table, le même thé… et nous deux, face à face, d’un bout à l’autre de la table, à nous regarder comme des chiens de faïence.
Il m’était délicat de trancher si cette ambiance excessivement feutrée me mettait à l’aise ou non. Je veux dire… le thé était bon – même après en avoir repris quatre fois –, le chauffage à la bonne température, l’hôtesse des lieux ne m’assaillait pas de questions sur ma vie privée…
… Mais si elle pouvait juste éviter de me fixer sans discontinue pendant toute la durée de la visite, je ne m’en porterais pas plus mal.
« Alors, tu… »
Non pas que j’étais pressé, mais je me doutais bien qu’il ne faudrait pas compter sur Nagato pour engager la conversation.
« Tu avais quelque chose à me dire, non ? »
Waouh, huit mots sans bafouiller, ça faisait longtemps…
Mon lyrisme ravageur eut alors l’effet escompté – ce n’était pas si souvent – et Nagato commença avec la plus grande sobriété et sans autre préambule :
« Conformément aux prévisions, la divergence temporelle qui s’opère depuis 173 de vos heures locales se répercute de manière exponentielle au travers des motivations, agissements et convoitises de chacun des divers organismes gravitant autour de Haruhi Suzumiya…
_ Haruhi a des poux ? » la coupais-je sans gène.
Clignant subrepticement des yeux, Nagato mit plus d’une moitié de seconde à me répondre, ce qui en disait long sur l’aspect inattendu et tout à fait illogique de ma question… d’un point de vue extraterrestre, s’entendait.
« Le cuir chevelu de Haruhi Suzumiya est parfaitement sain.
_ Je suis ravi de l’apprendre, et celui d’Asahina ?
_ Mikuru Asahina possède une hygiène corporelle globale tout à fait irréprochable sur des critères humains.
_ Excellent, excellent… mais et toi, alors ?
_ Moi ?
_ Hé bien oui, qu’en est-il de ton hygiène ?
_ L’enveloppe corporelle qui me permet d’agir en tant qu’interface humanoïde n’est pas sujette aux formes les plus basiques de dégradations relatives à la vie sur Terre.
_ Alors tu ne te laves jamais ?
_ A moins que ce ne soit nécessaire à mon activité d’observation de Haruhi Suzumiya, non.
_ C’est pratique, ça te fait gagner du temps libre.
_ Du temps libre? répéta Nagato.
_ Oui… au cas où tu aurais envie de faire un peu de shopping, ou d’aller t’acheter un portable, ou…
Le visage de la petite extraterrestre demeurait d’une inexpressivité désespérante, tant et si bien que je préférai mettre un terme à la plaisanterie, qui avait de toute façon déjà trop duré.
« Bref… tu parlais d’organisme ? »
Agissant une nouvelle fois comme si nous n’avions jamais dévié du sujet de conversation initial, Nagato reprit avec tout le flegme du monde :
« C’est dans cette optique que l’entité pensante d’intégration des données me rappelle à elle afin de réorganiser à long terme le programme d’observation des agissements de Haruhi Suzumiya. »

De… qu…
Pardon ?!
« Oui, pour cette raison, j’ai reçu des instructions précises que je suis censé vous transmettre, à commencer par une mise en garde se basant sur les récentes révélations transmises par Mikuru Asahina.
_ Je… »
Imperturbable, la petite extraterrestre enchainait :
« Mikuru Asahina n’a fait que transmettre des données se basant sur un futur qui n’est plus assuré d’avoir lieu. En tant que tel, il serait dangereux de croire que de telles informations permettraient de rectifier une fluctuation temporelle qui a déjà été enclenchée, rendant obsolète les informations susmentionnées. »
Dingue, je croyais avoir tout compris… et pourtant, ça ne me faisait pas vraiment plaisir.
_ Est-ce que… tu essayes de me dire que ce que je fais ne sert à rien ? »
Nagato hocha légèrement la tête, ce qui fut en passant assez amusant à voir.
« Pas intégralement. »
Ah bon, si ce n’était que ça, alors…
Dans sa grande miséricorde, sainte Nagato m’offrit une explication élargit de son point de vue sur la question :
« En terme de probabilités, les chances de pouvoir conformer manuellement le schéma de ce présent afin qu’il mène de manière certaine et identique au futur tel que Mikuru Asahina le connait sont proches de zéro.
_ Mais… zéro, « zéro » ? Ou zéro « un peu plus » ?
_ Proches de zéro.
_ Ah bon, ce n’est pas si terrible, alors…
_ Si. A un niveau humain, il s’agit d’une mission impossible à mener à bien.
Le niveau humain te remercie de ta confiance… »
Une foule de nouvelles questions vint s’ajouter au demi-milliard que j’avais déjà en stock.
Mais la première à me sortir de la bouche fut celle-ci :
« Mais, les types du futur sont-ils conscient de ça ? Si c’est réellement impossible, ils doivent bien le savoir, non ? A quoi ils jouent ? »
_ Il s’agit d’une information qui n’est plus à ma portée. »
… De ?
Il me sembla l’espace d’un instant qu’un bourdon occasionnel m’avait ôté le sens de l’ouïe… à moins que ce ne fut une démence passagère.
« Tu pourrais répéter ce que tu viens de dire ?
_ Il s’agit d’une information qui n’est plus à ma portée.
_ Et quelle est la racine carrée de 17789 ?
_ 133,37541002…
_ Tant que j’y suis, est-ce que tu saurais quel âge a Asahi…
_ Il est bientôt l’heure. »
Passé la déception d’avoir vu mon maigre espoir réduit à néant, ma bonne vieille curiosité reprit le dessus. Constatant l’air grave que venait de prendre Nagato (si, si), je ne manquais pas de me renseigner :
« Mais… l’heure de quoi ? »
Quelque chose de très lumineux s’alluma dans mon crâne.

« Ma porte restera ouverte jusqu’à minuit »
« L’entité pensante d’intégration des données me rappelle à elle »

A cet instant, je me sentis soudainement très mal.
« Mais… mais… mais ! Tu pars ? Tout de suite ? Pour combien de temps ? Et pourquoi ? »
Je ne savais pas si c’était particulièrement intéressant ou utile, mais j’en appris un peu plus sur le mode de fonctionnement et de raisonnement de Nagato en constatant qu’elle choisit de répondre d’abord à ma dernière question :
« Comme je l’expliquais aux prémisses de cet entretien, l’entité pensante d’intégration des données a jugé préférable de rapatrier la totalité des interfaces majeurs en faction pour une réorganisation globale du système, ainsi qu’une redissémination des données. C’est pour cette raison que je dois m’absenter pour une durée indéterminée d’ici un laps de temps de 8 minutes et 55 secondes.»
Aah non… en fait elle prenait les questions à rebrousse-poil et compressait toutes les réponses en une seule phrase. C’était donc ça… « l’intelligence supérieure » !
… Mais ! Mais elle s’en allait vraiment, alors ?!
« Hola, hola ! Doucement ! m’emportais-je en commençant à réaliser tout ce que cela pouvait bien impliquer, Tu ne comptes tout de même pas partir alors que… que… ! »
J’allais terminer par un « Alors que j’ai besoin de toi !» enflammé, mais j’avais peur de partir trop loin dans le mélodrame… et puis zut !
« … Alors que j’ai besoin de toi ! »
Nagato m’asséna un cruel :
« Le choix ne m’appartient pas.
_ Mais enfin… tu ne vas pas partir comme ça ?! Que va dire Haruhi ?
_ La considération personnelle de Haruhi Suzumiya concernant son environnement proche ne fait plus partie de mes…
_ Mais, sans parler de Haruhi… je croyais que tu devais me dire… enfin, si ma « mission » est vraiment vouée à l’échec, je fais quoi, maintenant ?
_ L’observation des collaborations occasionnelles de l’être le plus important aux yeux de Haruhi Suzumiya avec les différents organismes gravitant autour de Haruhi Suzumiya ne figure plus parmi mes objectifs prioritaires. »
Tes objectifs priori… et depuis quand, je te pris ?!
Avant même que je n’ais pu dire « Je proteste ! », Nagato exécuta un de ces clignements d’œil plein d’expressivité.
« Il est bientôt l’heure. »
J’avais tout juste l’impression d’être un condamné à mort à qui l’ont rappelait l’heure de son exécution.
Sentant mes forces me quitter d’un seul coup, je me laissais sombrer dans un silence aussi pesant qu’involontaire. Nagato n’ajouta rien, à se demander si elle se serait jamais servi de sa langue si qui que ce soit lui avait jamais adressé la parole. En même temps, pourquoi parler si personne ne vous répondait ? Et pourquoi trouvais-je toujours le moyen de me poser des questions stupides en temps de crise ?
Les secondes passaient au rythme effréné d’une soucoupe volante en panne – si tant est que ce fut possible - nous rapprochant un peu plus près de l’heure fatidique.
« Bien »
Sans plus de cérémonies, Nagato se leva.
Puis, sans prévenir, elle vint se placer face à la baie vitrée de son appartement.
Et c’est avec ce même respect de l’effet de surprise qu’elle commença à se déshabiller.

… MAIS ?!
« Nagato, qu’est-ce que tu fais ?! m’exclamais-je tandis que son blazer sombre tombait déjà au sol.
_ Je dois me préparer à la réintégration moléculaire. Si mon enveloppe corporelle sera convertie dès l’instant du transfert, il n’en va pas de même pour mes possessions à composantes textiles. Je dois donc les laisser ici, où elles seront prises en charge avec le reste. »
Le reste ? Quel reste ? La jupe aussi ?
Il était désolant de constater l’état de dégradation de mon niveau psychique à mesure que je réalisais à quel point Nagato était vraiment rapide à se dévêtir. Avant même de m’en rendre compte, je me trouvais déjà en mesure de donner la couleur du soutien-gorge de Yuki Nagato, l’interface humanoïde extraterrestre !
S’en fut beaucoup trop pour mon pauvre esprit humain. Avec une résolution guidée par un inexplicable effroi, je détournais courageusement le regard, tentant désespérément de faire du plancher mon unique source de réflexion.
Un froissement de tissu m’informa que sa jupe venait finalement de tomber parterr… LE PLANCHER, J’AI DIS ! LE PLANCHER !
Comptant les battements accélérés de mon cœur pour passer le temps, celui-ci sembla prendre un malin plaisir à ne pas se presser.
Un calme plat tomba dans l’appartement, tandis que mes yeux rivés sur le plancher luisant semblaient frappés d’un inquiétant tremblement. Puis, après une nouvelle fournée de secondes paresseuses et d’ultimes bruissements d’étoffes dont je ne voulais en aucun cas connaître la cause, un silence absolu prit place. Je me sentais désormais seul… moi et ma peur de commettre un incident diplomatique d’ordre cosmique.
Je ne savais pas si j’attendais que quelque chose de particulier ne se passe… juste que la solitude commença assez rapidement à me peser.
La voix légèrement tremblante, je murmurais presque :
« Tu… es toujours là ?
_ Oui » me répondit simplement Nagato.
Nouveau silence… Mon cœur avait un mal fou à se calmer.
« Et… nous attendons quelque chose en particulier ?
_ Minuit. »
Rapide coup d’œil à ma montre…
« Il reste… à peu près 5 minutes.
_ C’est exact. »
Exact…

… Poum poupoum…

… Sans rire, qu’est-ce qu’elle pouvait bien utiliser comme décapant pour avoir un plancher aussi brillant ? Encore une preuve de la supériorité alien, j’imagine…

Au fait, depuis tout à l’heure, elle était juste devant sa baie vitrée, non ? Et elle était… oh mon dieu…

« Euh… c’est sans doute une question idiote mais je ne sais pas trop quoi dire d’autre, alors… tu n’as pas froid ? »
Ça y est, je commençais à sentir mes conduits nasaux s’obstruer anormalement…
« Aucunement, me répondit la petite extraterrestre.
_ Oui… tu n’as jamais froid, n’est-ce pas ? »

… Etonnamment, aucune réponse, fut-elle brève, ne me fut apportée cette fois-ci.
Et le silence qui revint au galop me parut alors si effrayant que je choisis le premier sujet de conversation qui me venait à l’esprit pour le briser :
« Les informations que m’a confié Asahina, elles sont de niveau 6… c’est grave ?
_ Je ne comprends pas le sens de la question.
_ Pardon… Je veux dire, c’est un niveau plutôt important, non ?
_ Relativement, il existe des stades supérieurs d’amas de données au sein des archives humaines en possession des supérieurs d’Asahina Mikuru.
_ Sans rire ?
_ Mes aptitudes en matière de formations d’énoncés à caractère humoristique sont inexistantes.
Le reconnaître est déjà un grand pas en avant !
_ Pourtant tu as du potentiel. A t’entendre, on pourrait croire que les supérieurs d’Asahina ne sont pas humains.
_ … »

Je ne savais pas ce qui était le pire dans le silence de Nagato. Le fait que ma blague idiote soit envisageable ou le fait que je puisse inventer pareilles idioties…
… C’étaient bien des idioties, non ?!
« Ça ne va pas te manquer ? demandais-je illico pour dévier à tout prix du sens inquiétant que prenait la discussion.
_ Quoi donc ?
_ Ben… tout ça, quoi, dis-je en brassant vaguement de l’air, la Terre, le présent, le Japon, la Brigade SOS… »
Je ne savais pas trop ce que j’espérais à lui demander ça. Il semblait plutôt évident qu’elle n’allait pas se mettre à fondre en larme en gémissant qu’elle ne voulait pas partir… alors quoi ? Elle allait s’en aller, maintenant, et après ? Le monde n’allait pas s’arrêter de tourner. Haruhi allait faire un foin pendant quelques semaines et ce serait vite oublié. Peut-être bien que Nagato elle-même n’en avait rien à faire, elle allait retourner chez elle, dans un monde plein de Nagato et d’Asakura, loin de l’illogisme humain… ça ne lui faisait ni chaud ni froid, c’était forcé, non ?


« … Je ne sais pas » m’avoua finalement une petite voix presque effacée.
Elle… ne savait pas ?

Ha… Haha…
Hahahaa… Evidemment !
Aucune chance que ça ne lui fasse ni chaud ni froid ! Impossible ! Inenvisageable ! Illogique !
C’était Nagato, nom de nom ! Yuki Nagato ! « L’indispensable personnage silencieux de la Brigade SOS » ! Bien sûr que Haruhi ne se remettrais jamais de sa disparition ! Elle allait la chercher, la traquer même pour lui remettre le grappin dessus ! Un monde plein d’Asakura ?! Quel genre de personne qui connaît vraiment Asakura voudrait vivre dans un pareil enfer ?! Et si il y avait bien quelque chose de certain, c’est que si Nagato n’était plus là pour rattraper toutes les gaffes de miss Terminator à serre-tête jaune, il n’y aurait plus de Terre d’ici deux semaines ! Trois, grand maximum !
… C’était Nagato, quoi. Il n’y avait pas besoin d’en dire plus pour comprendre…

Et c’est ce que je fis : je me replongeais dans le silence.



« Tu devrais te dépêcher de revenir, ça va devenir encore plus morne dans les environs… »
Même si c’était vrai, c’était plutôt comique à dire à quelqu’un comme Nagato… plutôt…
« Il m’est impossible ne serait-ce que d’estimer le temps qu’il me faudra pour revenir. Cela tenant compte par ailleurs d’un pourcentage non négligeable de chance que je ne sois jamais renvoyé en faction sur Terre. »
C’était moi ou Nagato venait de mettre de la « chance » dans ses équations ?
« Mais… tu ne pourrais pas, je ne sais pas… faire comme cette fois, où tu étais allé récupérer les… souvenirs ou quelque chose du genre chez ton toi futur. Tu ne pourrais pas, exceptionnellement… recommencer ?
_ Le partage de mémoire avec une disparité temporelle alternative est un procédé qui requiert un nombre conséquent de conditions pour pouvoir être employé. Présentement, certaines de ces conditions manquent ou se sont trouvées altérées.
_ P… par exemple ? Si ce n’est pas indiscret, bien sûr ? »
Il me semblait effectivement que l’indiscrétion était un facteur très représentatif de ma vie, ces derniers temps.
« Le futur a effectué une nouvelle rocade temporelle par rapport au schéma préétabli. Or, un bug système survient invariablement lorsque ce présent tente une liaison avec le futur tel qu’il semble se profiler. »
Un instant, ce n’était pas pile poil ce que redoutait Asahina ?
« Il s’agit là d’une des divers raisons ayant entrainé cette décision de l’entité pensante d’intégration des données, concernant le rapatriement de toutes les interfaces majeurs pour réorganisation du système.
_ Mais… ! Asahina m’a dit que la séparation n’avait pas encore eu lieu !
_ Ce qui était bien le cas il y a trois jours. »
Je restais scié par la nouvelle… alors… ce que j’essayais de faire ne servais véritablement à rien ? Je ne pourrais pas empêcher tous ces changements d’arriver ?!
« Est-ce que… la Asahina que nous connaissons est au courant ?
_ Oui. »
La pauvre… elle devait être dans un bel état… et je ne m’en étais même pas rendu compte !
Alors quoi ? Il se passait quoi maintenant ? Qu’est-ce que je devais faire ? C’était de nouveau complètement chamboulé dans ma tête ! Mais ZUT !
« Je fais quoi, alors ?! » m’écriais-je à haute voix sans même m’en rendre compte.
Passablement énervé, je tentais de me calmer aussi sec, refusant que Nagato ne parte en me voyant aussi incapable de mener à bien quoi que ce soit tout seul. Pourtant, je n’aurais pas été contre le fait que la petite extraterrestre ne me donne un petit conseil…
Un conseil qui ne venait pas.
« Dis… Est-ce qu’il n’y a rien à faire pour tout arranger ? »
Le silence désespérant que respectait Nagato était à deux doigts de me faire sortir de mes gonds. Malgré les apparences, je ne demandais pourtant pas une solution miracle.
Un petit mot d’encouragement, ce serait déjà pas mal…

Un petit regard désintéressé à ma montre : plus qu’une minute.

Voilà… c’était tout.
Dans une minute j’aurais l’impression d’être encore plus seul que d’habitude devant l’adversité. Tss… c’était complètement dingue. En venant ici, je croyais obtenir des réponses au flot ininterrompu de questions qui m’était tombé dessus depuis plus de trois jours, et tout ce que je récoltais c’était encore plus de questions. Ou alors je devrais me réjouir d’avoir eu droit en direct à la capitulation extraterrestre dans leur entreprise de conquête de la planète, mais franchement, ça me décevait plus qu’autre chose. Devant l’adversité, on ne prend pas la fuite si on a un minimum d’amour propre, à la fin !
Enervé que j’étais, je finis par en témoigner concrètement :
« Et je fais quoi si j’ai besoin de trafiquer une batte de base-ball ? demandais-je avec une pointe d’agacement.
_ Faire confiance à Pythagore. »

… Quoi ?
Sur le coup de la surprise, je m’étais retourné.
« Je te demande pardon ?
_ Lorsque le cas de figure approprié se présentera, en cas de péril, il faudra faire confiance à Pythagore.
_ C’est… toujours bon à savoir mais… qu’est-ce que c’est censé vouloir…
_ Par ailleurs, même si toutes les interfaces majeures sont rapatriées, les interfaces mineures ont été maintenues en place, par mesure de sécurité. »
Interfaces mineures ? Un modèle réduit de Nagato, c’était possible ?
45 secondes
« De plus, dans le cas où la divergence se retrouverait à croiser de nouveau le chemin temporel préétabli, il serait sans aucun doute judicieux pour quiconque m’entendrais de retenir ces quelques nombres : 42, 3117,…
Instinctivement, je fourrais ma main dans ma poche à la recherche du moindre bout de papier. C’était important, ce qu’elle me disait était important. Extrêmement important, même, c’était évident. Je ne savais pas bien si Nagato avait le droit de me délivrer ces informations, ni ce qu’elle risquait en agissant ainsi, mais ce n’était sûrement pas le moment de se poser la question…
Par miracle, mes doigts croisèrent la surface lisse du ticket de cinéma, que j’avais fourré dans ma poche après que le guichetier en ai arraché la moitié. M’armant d’un stylo providentiel trouvé dans ma veste et que j’avais sûrement eu la flemme de ranger dans mon sac, je notais précipitamment le moindre détail qui viendrait à s’échapper des lèvres entrouvertes de Nagato…
30 secondes
… Laquelle poursuivait sur un ton monocorde :
« … 306 et 0504. »
La petite extraterrestre se tut, et je pensais que c’en était terminé de la série des bons conseils d’adieux. Mais à ma grande surprise, Nagato crut bon d’ajouter :
« En tout dernier recours… »
La petite extraterrestre marqua une courte pause, dirigeant son regard froid jusqu’au plus profond de mes yeux.
23 secondes…
Ce silence solennel s’éternisa un peu plus. Si je ne connaissais pas l’éternel flegme de Nagato, j’aurais dit qu’elle cherchait ses mots…
C’est alors qu’elle acheva :
« … Haruhi Suzumiya devra être abandonnée. »

Il me fallut très exactement le temps d’un battement de cœur avant que je ne parvienne à réagir :

« Quoi ? Qu’est-ce qu… ?
_ Avec le concours d’Itsuki Koizumi, m’interrompit fermement Nagato tandis que son débit de parole semblait s’accélérer, le seul espoir systématiquement envisageable qui permettra de manière infaillible la renaissance de notre dernière chance, ne peut être que l’abandon stratégique et définitif du leader de la formation.
Seul espoir ?
Renaissance ?
« Notre » dernière chance ?
Abandonner Haruhi ?
Hé ho ! Laissez-moi respirer !
15 secondes…
Ma gorge était sèche, ma langue refusait de remuer d’un millimètre et ma bouche restait désespérément entrouverte, incapable de laisser échapper le moindre son un tant soit peu articulé. Je restais là à fixer Nagato, sans parvenir à mettre à profit le peu de temps qu’il me restait.
Pourtant j’avais tant de choses à savoir, tellement de…
Je vis les cils de Nagato se mouvoir soudainement, coupant court à toute réflexion. Elle me fixait toujours… avant de me murmurer :
« Demi-tour.
_ … Pardon ? »

10 secondes…
C’est alors qu’un tout petit détail me revint en tête…
LE PLANCHER !
Détournant résolument le regard aux antipodes de la petite extraterrestre, ma seule et indigne pensée en cet instant fut de me demander si la jeune fille ne venait pas à l’instant de démontrer une forme éloignée de pudeur.

8…
La soudaine montée de fièvre dont je venais d’être victime avait du mal à se dissiper, cela ne m’empêchant pas de sentir mon esprit plus embrouillé que jamais. Et par un odieux coup du sort, chaque fois que je tentais d’y remettre de l’ordre, je retombais immanquablement sur de toutes récentes images dont je savais déjà que même avec toute la bonne volonté du monde, je n’arriverais pas à m’en défaire avant longtemps.

6…
Un instant… ce n’était pas le moment. Non, vraiment pas, il fallait que je me ressaisisse !
Dès maintenant !

5…
Me secouant violemment la tête dans tous les sens, je chassais ces pensées impures l’espace d’un court instant… suffisamment longtemps en tout cas pour me permettre de poser cette dernière question, la première qui me vint à l’esprit :
« C’est quoi cette « dernière chance » ? »

4…
Pas de réponse… mais l’heure approchait !

3…
« Nagato ! »
Je résistais à la tentation de me retourner, son silence interminable ne semblant pas vouloir se finir.

2…
« Aucun écart n’est autorisé… »

1…
« … A moins de deux efforts dûment effectués. »
Que… Un poème ?


0







« … Nagato ? »
Rien…
« Tu… tu es partie ? »
Silence… total… complet… absolu.
« Je… je me retourne, maintenant. D’accord ? »
L’absence de réponses ne fut pas pour me rassurer. Néanmoins, je décidais de passer le cap le plus stoïquement du monde.
… Plus personne. Nagato avait purement et simplement disparue… si on exceptait ses vêtements reposant toujours au sol.
Voilà… solitude.
Une vague envie de sauter du haut du balcon…
Je soupirais à plein poumons. Sans plus savoir comment, je me remis nerveusement sur mes jambes, toujours confus. Sur ce même tempo, je me dirigeais les bras balans et mon sac sur le dos droit vers la porte d’entrée. Sans plus y prendre garde, je fourrais le ticket de cinéma recouvert d’inscriptions au fond d’une poche de ma veste. Puis, pris d’une soudaine nostalgie mêlée de malaise, je jetais un regard désolé vers le petit tas de vêtements derrière moi…
… Avant que l’image d’une Nagato nue ne revienne vicieusement me rappeler ma condition de pauvre humain errant et de plus en plus… seul.

Je refermais délicatement la porte derrière moi, avec un je-ne-sais-quoi d’amer dans la bouche. Je me sentais comme si je venais de passer un moment irréel, déconnecté de la réalité, un peu comme à chaque fois que je venais dans cet appartement, en un sens. La seule différence était que cette fois-ci, je partais en sachant qu’il était possible que de tels moments n’arrivent plus jamais…
Je restais là à regarder la porte… talonné que j’étais par une inexplicable envie de la rouvrir. L’instinct l’emportant sur la raison, je m’accordais ce petit caprice, sans trop savoir ce que j’en attendais…
Le fait est que je n’en obtins pas grand-chose, parce que l’endroit était devenu vide. Je veux dire, encore plus vide qu’avant : je ne saurais sûrement pas l’expliquer avec des mots, mais le fait est que l’immense pièce vide, grise et sombre que j’avais désormais sous les yeux n’avait plus rien à voir avec l’espace lumineux – à défaut d’être conviviale – que je venais tout juste de quitter. Trois centimètres de poussière recouvraient le sol, de nombreuses toiles d’araignées avaient pris possession du plafond. Plus de plancher rayonnant, plus de baie vitrée... comme si personne n’avait occupé cet appartement depuis trois ans. Personne d’humain en tout cas.
J’imagine que c’était un effet secondaire de la « prise en charge »…
Après un temps indéfini passé à fixer ce décor désolant d’un regard vide, je me décidais à refermer la porte pour de bon. Puis, je réussi à mettre un pied devant l’autre, plusieurs fois de suite, me dirigeant d’un rythme maussade vers l’ascenseur.
Voilà… c’était tout.




La porte principale de l’immeuble se referma derrière moi sans que je n’y accorde la moindre importance. Alors que j’étais parvenu à sortir du bâtiment sans comprendre comment, je croyais en avoir terminé pour cette soirée, déjà trop riche en évènements à mon goût. Mon seul souhait à cet instant était d’aller directement me coucher sans passer par la case départ.
J’avais juste oublié un petit détail…
« Enfin je te retrouve ! »
Son air sinistrement joyeux bien à l’abri sous sa capuche, le type du parc se tenait devant moi, arborant une satisfaction sans limites.
Dans un sourire qui ne cessait de s’élargir, il déclara d’un ton conquérant :
« A partir de maintenant, l’ami, je ne te lâche plus d’une semelle ! »

… Hé oui.
Dans la vie, tout ne se passait pas exactement comme on le voulait.






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Well, ayant un concours de fanfic sur le feu, je vais faire une petite pause dans l'écriture (non, non, juste une petite pause, je vous jure).
A la prochaine!

lundi 2 novembre 2009

De retour de Chibi

La Chibi Japan Expo, c'est sensé être la Japan Expo en plus petit. Pourtant, quoi que je fasse, j'ai toujours l'impression qu'il y a autant de Free-Huggers, de HK et de monde en général dans les allées. Alors quoi? On m'aurait menti?


S'annonçant tout d'abord comme un basique rassemblement de geek qui me filerait l'occasion de réunir quelques amis en 3D depuis mon récent déménagement dans la capitale, la Chibi se présenta tardivement (presque deux jours avant en fait) comme un rendez-vous de la plus haute importance - oserais-je dire capitale - dans ma quête du convoité goodies ultime. Effectivement, une voix venue du ciel (ou pas bien loin dans les environs) m'avait prévenue d'une part de l'initiative de Saffran Prod pour ce qui concerne l'adaptation en français des deux premiers chapitres de Higurashi (Ce qui est une bonne nouvelle d'ordre orgasmique, au moins) d'autre part de la présence d'un stand qui disposerais de goodies Touhou (sur l'échelle de la jouissivité, c'est le genre de choses qui casse des briques) sans parler du stand hentaï de rigueur. Comme quoi, le haruhiisme à mi-temps, ça fait peut-être planqué, mais ça offre de bonnes compensations.

Autant dire que je n'allais pas cette fois en convention par simple pèlerinage, mais bien pour TRAQUER le loot.



Le Samedi :

Sortie du métro, je croise Romukaji sur le chemin (lequel m'apprend indirectement tandis que nous causons de l'affaire Higurashi qu'il y a moyen de dégotter le jeu Clannad en anglais... erf erf erf...), arrivée à 10h30 (à peu près, hein?), moi et Mithril/Groumf filons directement au stand de Saffran prod pour toper le si inattendu "sanglot des cigales". Outre la joie de le voir en stock dans sa belle jaquette (et après avoir taxé Mith en me rendant compte que je n'avais pas ou trop peu de liquide sur moi, it's fail) je me retrouve en possession du jeu d'origine de ce que je rappelle être mon anime préféré (c'est vous dire si ça fait un petit quelque chose au cœur). Après une courte discussion avec le taulier (l'occasion de comprendre comment diable un jeu comme Higurashi a pu choper une limitation d'âge de... 7 ans.) je go un stand voisin, sensé accueillir le plus gros rassemblement de produits estampillés Touhou de toute la convention.
Alors effectivement, du goodies, y en avait (notamment un mousepad oppaï à ascendance bunny girl du plus bel effet)... mais à 40€ la peluche, toute la bonne volonté du monde n'efface pas cette fugace impression de se faire enfler jusqu'à l'os. Néanmoins, des bruits alentours me murmurèrent que les prix avaient déjà baissé depuis vendredi (à se demander combien ces fucking peluches coûtaient à ce moment là...). Je décide donc d'attendre jusqu'à dimanche, histoire de voir si les prix vont continuer à baisser.
Petit tour du proprio, avant d'arriver à l'étage. direction le coin amateur, avec la ferme intention de dégotter de quoi égayer les murs de mon nouvel appartement. Une petite affichette "Nous dessinons du Touhou" sur le stand d'Explosante Fixe me convainc de débourser quelques dinars pour un poster de Flandre tandis que je passe également commande de sa sœur Remilia, à récupérer le lendemain.
Passage au stand de No-Xice ou nous croisons le raton en charmante compagnie. Nous en profitons pour étudier en détail le dernier numéro de leur fanzine sensé accueillir un article peu élogieux sur Haruhi. Rien à dire, c'est fait avec les pieds, illustré par un aveugle, composé exclusivement de raccourcis et l'auteur n'assume absolument rien. Tss tss, quand on sait pas troller, on s'abstient, c'est pourtant pas compliqué. Reste la couverture, ma foi fort jolie...
En compagnie de Romukaji, Myth et ce cher Amo que j'ai eu le plaisir de saluer, je me dirige vers la projection des deux premiers épisodes de Code Geass, avec l'espoir d'entendre à quoi ressemble le doublage français. Ben non, on a eu droit à de la vostfr. C'est bien la première fois que j'aurais aimé l'inverse...
Auraient-ils honte du résultat? Et mairde...

Le temps de se dégotter un hot-dog (froid et hors de prix) et de se venger sur le ketchup et la moutarde à volonté, s'ensuit un tour plus détaillé des boutiques. Tellement de HK qu'il pouvait être légitime de se demander s'il y avait quoi que ce soit d'officiel dans les environs à part les DVD (Et encore, on voit tellement de choses de nos jours, ma bonne dame...).
Le reste de la journée fut résolument tournée vers le stand epitanime... et le karaoké!
Après la nocturne du 24, je croyais m'être définitivement flingué les cordes vocales. Que nenni! Et ce n'étaient pas ma gorge glaireuse et ma fièvre imprévue qui allaient m'empêcher de reprendre en rythme l'opening de Fullmetal Panic TSR! Non mais sans blague, PASSION, quoi!
L'occasion de retrouver le clan des haruhiistes accro au karaoké, et de les voir reprendre en coeur le kumikyoku (discipline qui me reste toujours aussi obscure malgré mes tentatives pour en percer le mystère).
Pas grand chose d'autre à dire sur le samedi, on a chanté, glandé, refait un tour et rechanté avant de mettre les voiles.




Le Dimanche:

Ayant pris soin de passer cette fois-ci au distributeur avant de nous engouffrer dans l'antre de la bête, nous pénétrâmes gaiement l'édifice aux alentours de 12h. Un petit tour d'horizon en guise de piqure de rappel précède un retour à l'étage (ou notre groupe trouve un nouveau snack... les hot-dog étaient 50 centimes moins cher, mais toujours aussi froids). Je passe chercher ma Remilia sur le stand d'Explosante Fixe, avant de faire un crochet par celui de Kajian pour commander... une autre Remilia (Chais pas si c'est un manque d'inspiration ou une obsession, mais bon, je vais quand même pas me plaindre). L'après-midi se passe tranquillement... jusqu'au moment fatidique : la conférence de la Flander's Company.
Fervent admirateur de la série Damned Next mais pratiquement ignorant de la série diffusée sur Nolife (En partie parce que ne recevant pas Nolife...) j'attendais cette conférence avec une certaine curiosité. Je ne fus pas déçu, ce fut épique malgré des débuts cahoteux. En effet, malgré une sono douteuse et un ordinateur boudeur, la fine équipe débarque et s'installe dans une bonne ambiance (j'ai entendu parler de boucherie...). Rétrospective Damned, genèse de Flander's Company, présentation de la saison 3 et diffusion d'un épisode en exclu. C'était bien fun, suffisamment pour me persuader de me faire tourner les deux premières saisons en boucle. Ouaip, Epic Win pour Mister Trueman et Sado-man.

Retour au karaoké, le temps de dire bonjour à QCTX, de constater que les Haruhiistes n'ont pas décollé leurs fesses de leur place depuis hier et je suis reparti au rez-de-chaussé pour voir si ma théorie des prix en baisse était exacte. Il restait une peluche, une Marisa, et je vois le type derrière le stand rectifier le prix pile à ce moment là... 20€. Je ne me pose plus de question, je saute littéralement sur l'occasion, en bon fanboy désespéré que je suis.
Retour au point de chute : le karaoké, ou nous terminons la journée avec Segata Senchiro et Yatta repris en cœur par la faction des connaisseurs, de quoi traumatiser tous les badauds qui auraient eu le malheur de s'approcher trop près. J'en profite pour passer prendre ma seconde Mili en couleur, avant de quitter les lieux, ma foi fort satisfait de mon week-end... jusqu'à ce que je finisse par ouïe dire qu'au démontage du stand de Saffran Prod, les dessins décorant les murs furent offerts à des clampins de passage, raaah... je savais que j'aurais dû retourner y faire un tour!

Un loot modeste mais précieux. Et Viva Touhou!


Braif, un bon moment, un bon loot, de l'Epic Win et peu de Fails.
En plus de ça, quelques cosplay pas trop foireux : un Kamina qui claque, un Eyeshield 21, une elfe de sang et une demoiselle déguisée en un personnage dont je ne sais rien du tout, sinon qu'elle ne porte pas de sous-vêtements...
Sur ce, je vais me remettre à plancher sur le chapitre 5 de ma fanfiction, sinon ça va encore trainer cette histoire.


samedi 17 octobre 2009

Fanfiction : Le Monde de Suzumiya Haruhi / Chapitre 4

Well, well, weellll ... on va faire comme si de rien n'était.
Après un petit temps de pause (ou plusieurs mois de glandage assidu, c'est tout comme), voici venu le chapitre 4 de ma fanfiction dédiée à Haruhi.
Désolé pour le retard et bonne lecture à tous!




Le Monde de Haruhi Suzumiya

Chapitre 4





La conquête du monde, un vaste programme...
... et une vaste blague.
Car si je détenais l'intime conviction que chaque humain sur cette planète – moi compris – avait un jour rêvé de régner sans partage sur notre bonne vieille Terre, j'étais également persuadé que toutes ces personnes avaient su réaliser à temps qu'une telle ambition était parfaitement ridicule avant même d'être vouée à l'échec...
Cela dit, il m’arrivait quelques fois de me tromper…
« A MON COMMANDEMAAAANT… ! »
Mais reprenons.
Pour conquérir le monde, il nous faut : 2 bons kilos de mégalomanie, 1 litre d’inconscience, 2 cuillères à soupe de bêtise, un zest de serre-tête jaune pour donner du goût et surtout, beaucoup de temps à perdre. Le drame était que Haruhi ne pouvait s’empêcher de trouver cette recette incomplète. Ainsi, dans son infinie sagesse, notre capitaine de brigade avait cru bon d’ajouter un dernier ingrédient à cette sauce.
Une sauce déjà bien relevée.
« ATTAQUEZ ! »
Car selon elle – et c’était tout à son honneur – un dirigeant digne de ce nom ne valait pas grand-chose sans sa panoplie de laquais serviles et néanmoins efficaces. Seulement voilà, la panoplie de laquais, j’en faisais partie.
Aussi, lorsque Haruhi arriva en trombe de beau matin pour annoncer qu’elle comptait bien « mettre sa Brigade SOS au niveau » en prévision de son plan grotesque, je me doutais bien que quelque chose de désagréable n’allait pas tarder à me tomber sur le coin du crâne.
Enfin… ce n’est pas comme si je n’étais pas un peu habitué, à force…

Mais tout de même, le coup de l’entraînement de judo, je ne l’avais pas vu venir.
« Kyon ! Qu’est-ce que tu attends ?! »
Moi ? Un miracle…

Ayant réquisitionné le dojo du lycée et les tenues de rigueur par des moyens certainement illégaux et dégradants, Haruhi s’était mise en tête de nous former moi et les trois paranormaux à l’art noble et un tant soit peu viril de ce magnifique sport qu’était le judo. Espérant peut-être – vu qu’à mon niveau, je ne pouvais que supputer – nous rendre plus aptes à affronter les armées du monde entier par la seule pratique de cet art martial. Pourtant, depuis une bonne heure que nous nous exercions sans relâche sous la coupe tyrannique de vous-savez-qui, il fallait bien avouer que nous étions encore loin de pouvoir prétendre à un affrontement direct avec l’OTAN.
Et de toute façon, question virilité dans cette équipe, il fallait bien avouer que…
« Koizumi ! Arrête d’être aussi doux avec ton adversaire, ou tu ne feras pas long feu en combat réel ! »
Mais c’est qu’elle donnerait presque l’impression de croire ce qu’elle dit…
Koizumi acquiesça en souriant, avant de se remettre à la tâche avec d’autant plus d’ardeur. Ceci précéda de peu un petit cri fort mignon quoique teinté d’une vive douleur… qui ne manqua pas d’accaparer ma pleine et entière attention l’espace de quelques secondes.
Usant de son sens tactique incompréhensible pour le commun des mortels – ou en tout cas pour la race humaine standard dont je me vantais d’être issu – Haruhi nous avait réparti en deux équipes : Koizumi et Asahina d’un côté, moi et Nagato de l’autre. Quant à elle… hé bien elle nous regardait nous débattre en proférant ces obscures directives dont elle avait le secret.
« Et n’oubliez pas que le plus important au judo, c’est de sortir victorieux à n’importe quel prix ! »
Etrange, la dernière fois qu’on m’a parlé de judo, j’étais persuadé d’avoir entendu une tournure comme « respect de l’autre et des règles » quelque part dans la phrase… sûrement mon imagination. Toujours est-il que malgré les féroces injonctions de Haruhi à mon égard, j’étais nettement plus concentré sur le combat voisin que sur mon propre duel.
Malgré une condition physique éloignée de l’idée qu’on se ferait d’un athlète de haut niveau, Koizumi semblait pourtant relativement à l’aise, enchainant différentes techniques avec une certaine maîtrise. En face de lui, une petite rousse définitivement nulle dans toutes les disciplines sportives de ce temps ou d’un autre subissait sans relâche la dure loi de la gravité, ainsi que les constantes remontrances de Haruhi.
« Mikuru ! Arrêtes de tomber ! C’est ridicule ! »
A qui le dis-tu…
Au bord des larmes, Asahina me donnait une fois de plus cette impression de vouloir se trouver à n’importe quel autre endroit que celui-ci, sans toutefois croire elle-même que ça puisse être possible… Inutile de dire que c’était le genre de chose qui me mettait moi-même au martyr. Et même si il semblait évident que Koizumi se démenait pour éviter de faire trop mal à son adorable adversaire, je ne pouvais m’empêcher de lui en vouloir. Pour autant, l’expérience m’ayant appris que toute intervention intempestive ne mènerait à rien d’utile, je me contentais tristement de foudroyer Koizumi du regard… par simple principe.
Asahina rata une fois de plus sa chute après une technique de projection, lâchant une nouvelle plainte aiguë qui me déchira le cœur. La mort dans l’âme, je me détournais de ce spectacle désespérant pour me recentrer sur mon… euh…
Hmm… non. Je ne pouvais définitivement pas employer le terme de « combat ».
Nagato me fixait de ses grands yeux à la profondeur abyssale, parfaitement immobile. Bien que je ne remette nullement en doute ses capacités d’autodéfense, je me devais de reconnaître que du haut de sa petite taille, ainsi accoutrée d’un judogi un peu trop grand et arborant son regard inexpressif, l’extraterrestre ne passait pas pour un modèle d’intimidation. Ce n’était pas pour autant que je me sentais pressé d’engager un affrontement avec elle…
… sans parler de ce damné contact physique.
En effet, depuis le début de ce soi-disant entraînement, le statue-quo était scrupuleusement respecté entre nos deux partis, vu qu’il semblait évident que Nagato guettait un signe de ma part pour réagir… et comme je n’étais pas spécialement pressé d’entamer quoi que ce soit, cette histoire ne risquait pas de beaucoup progresser.
« Kyon ! Arrête de tirer au flanc ! »
Oublie-moi un peu pour une fois
« Mikuru, si tu tombes encore une fois je vais devoir prendre des mesures ! »
Serrant les poings et les dents, je tentais de contenir le flot d’émotions vindicatives que m’inspiraient la despotique jeune fille et ses exigences capilo-tractées. Devant moi, Nagato restait de marbre, et ne semblait pas pressée de démontrer un quelconque signe de vie. C’était encore un de ces moments où je croyais être le seul à saisir toute l’absurdité d’une situation, un de ces moments où je me sentais assailli d’un intense sentiment de solitude…
Me grattant l’arrière la tête avec lassitude, je finis par en venir à la conclusion qu’il ne servait à rien de lutter, du moins cette fois-ci. Aussi décidais-je de me confronter à mon destin, résigné, tandis que je m’apprêtais à faire un pas en avant, droit vers une extraterrestre qui m’avait rarement semblé aussi inquiétante.
« On arrête tout ! Mikuru tu dépasses les bornes ! »
… Mon dieu, c’est toi ? Enfin ?
« Je vais m’occuper personnellement de ta formation ! Koizumi ! Va remuer l’autre feignant ! »
… Hum, fausse alerte. Pour changer…
Son large sourire en parfait état de marche, Koizumi délaissa sa partenaire pour se diriger vers Nagato et moi, sans que se séparer ainsi d’une aussi belle créature ne semble lui inspirer le moindre regret. Alors certes, je n’aurais plus à expérimenter l’inconnu d’un affrontement au corps-à-corps avec Nagato… mais franchement, à bien y regarder…
N’était-ce pas ça, passer de Charybde en Scylla ?

« Puis-je te poser une question, Kyon ? »
Je ne m’appelle pas Kyon…
« Il se peut que je me trompe, si c’est le cas ne m’en tient pas rigueur mais je tenais à te poser une question. »
Je t’en pris, ce n’est pas comme si j’avais quelque chose de plus intéressant à faire… à part te faire un croche-pied, je veux dire.
« Te serait-il arrivé un évènement désagréable, récemment ? »
J’interrompis mon fauchage en pleine action, avant de lever les yeux vers le visage de mon adversaire temporaire que trop peu de centimètres séparaient du mien. Quelque peu étonné par sa question, je sondais son regard pour tenter d’y déceler les raisons l’ayant poussé à me la poser. Ayant sans doute deviné ce à quoi je pensais avant même que je ne sois moi-même au courant, il reprit :
« Ce n’est peut-être pas si important, mais ces derniers jours, tu parais quelque peu soucieux.
_ Soucieux ?
_ Oui, soucieux. »
M’éloignant l’espace d’un instant du psion qui me servait de partenaire, je pris le temps de réfléchir à la question. « Ces derniers jours »…
Il ne fallait pas chercher bien loin, cela correspondait sans doute à la conversation que j’avais eu avec la Asahina adulte. Dans cette salle de classe…

« Kyon ? »
La voix suave de Koizumi me ramena immédiatement à la réalité.
« Oui… non, tout va bien », assurais-je mollement.
Ayant sans doute compris que je préférais éviter le sujet, Koizumi insista néanmoins :
« Bien qu’elle se refuse à le laisser paraître, Suzumiya s’inquiète pour toi, elle aussi. Tu sembles absent, tu restes silencieux… et ce n’est pas pour la rassurer.
_ Je me demande bien comment tu peux savoir ça si Haruhi le dissimule aussi bien », répondis-je un sèchement.
Koizumi encaissa ma réplique avec patience, tandis que je poursuivais :
« De plus, je ne crois pas qu’elle soit du genre à vouloir être constamment « rassurée ».
_ Tu as tort. »
Derrière le sourire qu’il s’obstinait à exhiber, je ne m’attendais pas à une telle affirmation de sa part.
« Je crois très humblement que tu te trompes », reformula-t-il plus respectueusement, « Suzumiya est au contraire bien plus réceptive au bien-être de ses proches que tu ne sembles le croire. »
Je haussais les épaules.
« Reste à trouver ce qui est pour elle la bonne définition d’un « proche ». »
Koizumi cru bon de philosopher :
« Mais le fait qu’elle soit attentive à ce que pensent ses proches ne signifie pas forcément qu’elle en tient compte.
_ Ben voyons, ça t’arrange bien… » ironisais-je sombrement.
Loin de se laisser démonter, Koizumi continua :
« J’ai la certitude que Suzumiya accorde une importance cruciale à ton point de vue – un point de vue global, j’entends – et que broyer du noir dans ton coin ne peut qu’obscurcir dangereusement son esprit. »
Après une courte réflexion, je choisis de hausser une nouvelle fois les épaules.
« Je vais très bien, et si j’ai envie d’avoir l’air déprimé, je ferais comme bon me semble. »
L’esper troqua alors son sourire spécial « Quoi que tu en penses, j’ai raison » par son tout aussi tendance « Ne sois pas aussi dur avec moi, s’il te plaît », tout aussi large, mais un poil moins enjoué.
« Et puis tu sais… Suzumiya n’est pas la seule que ton comportement inquiète. »
Je clignais deux fois des yeux de manière bien distincte. Suspicieux quant à la signification de cette phrase, je scrutais le visage de Koizumi comme si cela aurait pu me permettre d’extraire son cerveau par le nez, afin d’en disséquer toutes les pensées qu’il aurait pu avoir présentement. Ne décelant rien de concluant, je laissais mon regard faire un détour sur la droite, où Nagato s’était trouvé un confortable coin baigné d’un rayon de soleil pour y poursuivre une de ses lectures. Poursuivant sa route, mon regard se posa finalement sur Asahina, en proie à une vive terreur tandis que Haruhi entendait bien lui inculquer les bases du judo par la manière forte…
… Pauvre Asahina.
« Pff… »
Soupirant à pleins poumons, je lâchais avec agacement :
« Je vais bien, c’est tout. »
Koizumi redevint rayonnant :
« Magnifique ! »
Si tu le dis…
Comprenant que cette courte pause touchait à sa fin, je m’apprêtais sans joie à voir l’entraînement reprendre.
« Pour tout t’avouer », reprit Koizumi en agrippant le bord de ma veste pour prendre la garde, « je suis rassuré. »
_ Pourquoi ça ? demandais-je en l’imitant à contrecœur.
_ Je ne savais pas vraiment sur quel pied danser. Cette petite déprime que tu as eue correspondant au retour d’Asahina, je me suis imaginé beaucoup de choses sur les raisons de ton amertume… »
Non mais je t’en pose des questi…

… Quoi ?

Sans prévenir, un blanc pesant tomba entre nous, en prenant bien soin de s’étendre de tout son long. Ecarquillant légèrement les yeux, Koizumi sembla soudainement réaliser sa maladresse, tandis que je commençais à peine à percevoir où il souhaitait tellement en venir…
« Koizumi… »
La mine sombre, la suspicion suintant à travers ma voix, je relevais mes yeux droits vers sa figure, à une petite vingtaine de centimètres de la mienne…
Son éternel sourire s’étant quasiment dissipé, lui ne semblait pas vouloir reprendre la parole, de peur peut-être d’aggraver son cas. Je poursuivis donc :
« … Est-ce qu’il y a quelque chose que tu veux me demander ? »
Silence…
Durant plusieurs secondes, il n’y eut que le silence…
Avant qu’un cri strident ne retentisse au sein l’atmosphère capitonnée du dojo.

… Je m’aperçus alors une fois mon regard détourné de l’autre psion que Haruhi s’était mise en tête, à califourchon sur sa partenaire forcée, de séparer celle-ci du t-shirt blanc qu’elle avait conservé sous la veste de son judogi.
« Laisse-toi faire, Mikuru ! Je ne tolèrerais pas que ma mascotte passe à côté d’une telle occasion d’être sexy ! »
Fermement accrochée à son vêtement comme s’il s’agissait d’une matérialisation de sa propre vie, Asahina tentait vainement de résister à son agresseur déterminé, lequel enclencha la vitesse supérieur en commençant à chatouiller sa malheureuse victime désormais partagée entre rires et sanglots.
J’imagine qu’en d’autre circonstance, je me serais insurgé avant de voler au secours de ma voyageuse temporelle préférée, seulement un certain enquiquineur de niveau olympique choisit cet instant critique pour briser définitivement la glace :

« Aaah… je n’ai pas été très habile à l’instant, n’est-ce pas ? »
Réorientant mon attention sur mon duel de regard avorté, je retrouvais devant moi la face immaculée du Koizumi souriant, inspirant tour à tour la confiance… et depuis peu, une paradoxale mais certaine impression de méfiance. Pour autant, grand influençable que j’étais, je finis par me détendre un peu moi-même. Préférant apparemment jouer la carte du franc jeu – ou ce qui s’en rapprochait le plus – Koizumi s’éclaircit la voix avant de revenir à la charge :
« Je n’aimerais pas que tu en viennes à t’imaginer trop de mauvaises choses à mon sujet. »
Alors je peux m’en imaginer un peu tout de même ?
« Pour autant… je ne peux nier mon intérêt pour cette entrevue que tu as eu avec Asahina. Je ne te demande pas de ne pas m’en vouloir pour ça. »
Tu fais bien.
Haussant les épaules, et alors que nous nous étions une nouvelle fois séparé d’un mètre, j’optais pour une réplique moins définitive :
« Je trouve juste un peu surprenant que tu en sois réduit à ME demander des informations », fis-je en croisant les bras.
Lui leva ses mains en l’air avec un air désolé :
« En observant la situation de ton point de vue, je me doute que tu puisses être légèrement pris de court. »
Il en était conscient en plus…
« Cela dit, je te crois suffisamment intelligent pour comprendre que l’organisation dont je fais partie compte la collecte d’informations parmi ses objectifs prioritaires. A plus forte raison s’il s’agit d’éléments classés niveau 6 par les…
_ Comment tu sais qu’elles sont niveau 6 si tu ne…? L’interrompais-je immédiatement.
_ … Pas de la manière que tu sembles imaginer, répliqua-t-il secrètement.
_ Tss… et vous n’avez pas de télépathes dans votre réseau de bizarrerie ? »
La question avait été posée tout à fait innocemment, mais une mûre réflexion me fit penser que la réponse pourrait se révéler tout à fait digne d’intérêt.
Koizumi haussa presqu’imperceptiblement les sourcils, avant d’arborer de nouveau ce petit air amusé si déplaisant.
« … Il ne suffit pas de claquer des doigts », se contenta-t-il de dire.
Forcément, c’eut été trop simple…
Effectuant une petite pause dans ses explications pour me laisser le temps de l’insulter en pensée, Koizumi finit par ajouter au bout de quelques secondes :
« Pour en revenir au sujet principal de notre discussion, je me dois de t’indiquer que la bonne entente et le maintien d’une atmosphère stable au sein de notre petit groupe reste de loin ma préoccupation première. Aussi, je saurais me contenter des éclairements que tu auras à me fournir de ton plein gré, si toutefois tel était ton désir, en m’abstenant désormais de t’importuner d’avantage à ce sujet. »
Koizumi se tut, me laissant tout le loisir d’analyser ses mots avec attention… Ce qui était plus facile à dire qu’à faire. La Asahina adulte ne m’avait pas donné de consignes particulières sur ce que je pouvais ou non faire de ces fameuses informations de niveau 6 – un niveau qui me paraissait décidément trop élevé pour être honnête – néanmoins, cela ne devait sûrement pas dire que je devait partager tout ce que je savais avec un psion, fut-ce Koizumi. Etait-il possible que la Asahina adulte soit aussi distraite que sa jeune version ? Enfin, en partant du principe que Mikuru soit réellement aussi distraite qu’elle voulait bien le montrer…
… Raaah !
En face de moi, Koizumi continuait de sourire, guettant ma réponse. Tant pis, ce n’était sans doute pas la solution la plus mâture, mais c’était de loin celle qui me paraissait la plus évidente.
Pointant un doigt véhément dans sa direction, je lançais avec panache :
« Je vais garder ce que je sais pour moi. En premier lieu parce que j’en ai envie, et en second lieu parce que j’ai moi-même des doutes sur ce que je vais faire ou non de ces informations… »
Quitte à être franc…
Une petite pause plus tard, je repris plus lentement :
« Néanmoins… si l’envie me prenait d’avoir des explications philosophiques sur le futur, l’univers, la vie ou le reste… »
Fixant l’esper dans le blanc des yeux, j’achevais :
« … Je sais où te trouver. »
Le visage de Koizumi s’illumina.
« Cette réponse me satisfait pleinement », m’assura-t-il.
Grand bien te fasse. En ce qui me concerne, j’avais juste l’impression d’avoir rajouté un trop court délai entre moi et quelque chose de très désagréable.

« Mais ce n’est pas possible ! Je ne peux pas te laisser une seconde sans surveillance, Kyon ! Remets-toi au travail, et que ça saute ! »
Mais !? Koizumi non plus il ne…
« Ne discute pas ! »
Alors que j’étais partagé par un sentiment de révolte et d’abattement, l’image d’un harcèlement sexuel me revint anecdotiquement en tête. C’est à ce moment que mon regard se posa sur Mikuru, les yeux humides et le visage rougit par la honte, qui tentait d’arranger convenablement sa veste blanche ayant subit les assauts acharnés de Haruhi.
Il m’apparut alors subrepticement que la susnommée était bien parvenue à ses fins…

Au loin, le bruissement quasi-imperceptible d’une page que l’on tourne m’informa que Nagato était toujours vivante.



L’air libre m’avait rarement semblé aussi agréable. Au-dessus de ma tête, le crépuscule prenait ses aises, gratifiant le ciel d’un de ces dégradés orangés plus ou moins poétiques. Je dis plus ou moins parce qu’en matière de poésie, mes connaissances demeuraient excessivement humbles.
Au terme d’un interminable entrainement, le bilan à tirer de cette expérience me paraissait assez honteux. Haruhi avait magnifiquement démontré qu’aucune force de cet univers ne parviendrait à lui faire avoir une extinction de voix, tout en obligeant une Mikuru nue sous sa veste à poursuivre l’exercice avec ce que ça pouvait occasionner comme désagréments. Sans parler du fait qu’elle n’avait jamais su attacher sa ceinture correctement…
De mon côté, tout ce que j’avais retenu de cette pitoyable expérience était une vague technique de projection, ce qui sembla suffire à Haruhi qui jugea que l’opération était un succès complet. Il était néanmoins vrai que si elle se basait sur le nombre de fois où Mikuru s’était retrouvée dépossédée de sa dignité, cette journée avait été particulièrement prolifique… même comparée à d’habitude.
Adossé au mur à l’extérieur du dojo, j’attendais, l’esprit préoccupé par ce qui allait sans doute suivre. Si préoccupé que je ne remarquai pas immédiatement la frêle silhouette à trente centimètres de moi.
« Nagato ? »
De retour dans son uniforme coutumier, la petite extraterrestre me fixait avec des yeux au moins aussi profonds que le puits de Sadako. Et même si je ne pouvais m’empêcher d’être raisonnablement surpris par cette intense attention dont je faisais l’objet, je ne pouvais nier avoir une vague idée de ce qui amenait l’interface humanoïde de taille réduite à m’aborder de la sorte.
« Je serais chez moi, ma porte restera ouverte jusqu’à minuit, me confia-t-elle de sa voix effacée.
_ Euh… d’accord, j’en prends bonne note. »
La petite alien ne s’attarda pas, et tourna les talons avant de s’éloigner de sa démarche réglée au millimètre.
Je la regardais disparaître au détour d’un mur, avant de m’accorder mon soupir de rigueur. Celui qui me servait à évacuer le trop plein de fatigue.
« Tu sais, je me dis que perçu par une oreille extérieur, cette phrase pourrait faire l’objet de bien des emplois. »
Un sursaut désagréable agita mon corps endoloris par l’excès d’exercice physique. Je foudroyais du regard l’inopportun violeur de mon espace vital.
« Excuse-moi, je ne fais pas exprès d’écouter aux portes », m’assura immédiatement Koizumi.
Mais tu écoutes quand même… et franchement, si c’est seulement maintenant que tu t’aperçois de tous les sous-entendus que vos discours métaphysiques peuvent contenir pour un humain normal, tu as quelques wagons de retard !
« Je croyais que tu ne devais plus m’importuner ?
_ Tu fais erreur, contredis Koizumi avec un plaisir non dissimulé, j’ai dit que je ne t’importunerais plus sur la question de ton entrevue avec Asahina, pour le reste…
_ C’est bon, j’ai compris », dis-je avec irritation.
Effectuant quelques pas en avant, le psion ajouta :
« Je me permets simplement de t’informer : le phénomène de divergence temporel semble s’être momentanément stabilisé, et ce depuis quelques jours… »
Dit tout de suite « depuis ma discussion avec Asahina », on gagnera du temps.
« … Cela dit, nombre de puissances réparties sur des plans spatiaux et temporels différents se trouvent toujours en état d’alerte maximum. »
A bien y repenser, je l’avais rarement vu aussi grave.
« …Aussi, au moindre murmure, les choses peuvent se mettre à bouger très rapidement. Et les conséquences… »
Koizumi ne termina pas sa phrase. Il se contenta de jeter un regard vers le soleil rouge, son sourire figé semblant déteindre. Il acheva d’une voix incertaine que je ne lui connaissais pas :
« Pour être franc… je suis un peu inquiet. »
L’esper se mura finalement dans le silence. Ce qui, étrangement, ne fut pas pour ma ravir. Je ne brisai pas le silence… de toute façon, je n’aurais pas pu.
Moi aussi j’étais inquiet.
Ou alors j’avais juste la trouille.

De toute façon, quoi que je ressentais, ce n’était vraiment pas un instant agréable à vivre…



« Qu’est-ce que tu fais encore là ? »
Koizumi était finalement parti, lâchant un vague « au revoir » après avoir respecté toute une minute de calme plat. Asahina avait suivit peu de temps après, n’osant même pas me regarder dans les yeux tandis que j’essayais de la réconforter. Elle décampa rapidement, persuadée qu’elle était « inutile, sale, sans espoir », mais ça, ce n’était pas moi qui le disais.
Ainsi, il m’avait bien fallut patienter dix bonnes minutes supplémentaires avant de voir Haruhi pointer le bout de son nez, étonnée de me voir encore ici, en beau désœuvré planté comme un poteau. Je lui jetais un regard chargé de désolation.
Suzumiya Haruhi… le centre d’attention de toute une partie de la création.
Suzumiya Haruhi… Dieu, sorcière, génie de la lampe ou que sais-je…
Suzumiya Haruhi… une adolescente tyrannique, colérique et inconsciente. Capable d’une manière ou d’une autre de faire basculer le destin de l’univers sur une simple crise de nerf.

« Qu’est-ce que tu regardes avec cet air bête ? »
… C’était vraiment, purement et totalement désespérant.
« Rien. »
Fourrant ma main dans la poche de ma veste, j’en tirais deux bouts de papier.
« J’ai deux places de cinéma. »
Haruhi fronça les sourcils :
« Et alors ? »
Idiote.
« Et alors tu viens ? Il y a un nouveau film, avec une histoire de fantômes. »
Me gratifiant de son regard le plus suspicieux, la fière capitaine de brigade m’interrogea :
« Pourquoi tu as deux tickets ?
_ Je devais y aller avec ma sœur.
_ Et donc ?
_ Et donc elle a rendez-vous chez le docteur
_ Allez-y demain.
_ Demain je ne pourrais pas l’accompagner.
_ Pourquoi ?
_ … J’ai aussi rendez-vous chez le docteur.
_ Alors après-demain.
_ Le film qu’elle veut voir ne sera plus à l’affiche.
_ Allez voir le film avec les fantômes.
_ Elle a peur des fantômes.
_ Hmm… »
Ayant vraisemblablement fait le tour de l’interrogatoire, Haruhi sembla envisager la question de plus en plus sérieusement. Je restais bien là plusieurs dizaines de secondes, le bras tendu avec les tickets dans la main, à attendre que mademoiselle daigne se décider…
Irrité par cette attente qui se prolongeait, je décidais d’utiliser mon atout :
« C’est moi qui paye le pop-corn. »
Haruhi leva les sourcils, apparemment convaincue par mon argumentation sans faille. Haussant les épaules, elle finit par lâcher :
« Bon… j’espère pour toi que ce sera intéressant. »
… Sinon quoi ?
Se joignant à moi, nous commençâmes à nous diriger vers le cinéma le plus proche, pour voir un film dont je ne savais pas grand-chose et dont je me fichais de toute façon éperdument. A dire vrai, j’avais moi-même du mal à comprendre ce que j’étais en train de faire.

Mais Asahina avait été suffisamment claire : c’était à moi qu’incombait désormais la tâche de préserver le monde d’un potentiel chaos. Et pour ce faire il n’y avait qu’une seule alternative…
Suivre le plan.
A tout prix, quoi qu’il m’en coûte, je devais suivre le plan.





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Bon, maintenant que je m'y suis remis, la suite devrait prendre largement moins de temps à venir.
A la prochaine.

dimanche 20 septembre 2009

Promouvoir Touhou sur le net vidéoludique francophone... envisageable? (Ou comment tenter de filer du caviar à des cochons)

A mes débuts en tant qu'internaute (j'vous raconte ça, je devais avoir près de neuf ou dix ans), jeuxvidéo.com était mon site de prédilection, sur lequel je passais chacune de mes soirées à me forger un début de culture vidéoludique, à guetter les news et à traquer les soluces de mes jeux du moment (et j'assume pleinement). Heureusement pour moi, je ne ne me suis jamais intéressé en profondeur aux débats intellectuellement élevés que l'on peut toujours rencontrer au détour de leurs forums, m'évitant la disgrâce future d'être un jour associé à la masse de kikoolols analphabètes pullulant sur le réseau (sauf une fois où j'ai créé un compte spécialement pour pouvoir engueuler un résidu de pâté de canard avarié qui s'était mit à poster une fanfiction de ma création en se faisant passer pour son auteur, débile en tube, va...).
Mais malgré tout ce qui peut se dire sur ce site, ses proprio, ses hordes de boulets multigénérationnels et ses autres polémiques dont je préfère me tenir éloigné l'espace d'un billet, force est de constater que jv.com reste une référence pour nombre de passionnés de jeux vidéo qui ne sont pas tous fatalement dépourvus d'intelligence.
Une référence qu'on ne rechignerait cependant pas à voir étoffée à l'occasion.

Et l'occasion, elle nous est offerte par la section boîte à idée de jv.com. Cette section, par le biais d'idées déposées puis soumises aux votes des visiteurs, permet de proposer des sujets d'articles que le site se fera un plaisir de concrétiser. Ainsi, à la fin du mois, l'idée d'article qui aura obtenu le plus de votes sera réalisée par l'équipe et postée sur le site.
Justement, l'une des idées en lice consiste en un dossier ou un Gaming live dédié à la série Touhou (je ne sais pas qui est ce khaoos_2009 à l'origine de cette proposition mais il avait pas froid aux yeux le gars). Là où ça devient intéressant, c'est que cette idée a déjà réuni plus de 1100 votes, se classant 19ème sur plus de 1600 idées. Le chemin vers la première place est encore bien long (surtout comparé à l'article Pokémon et ses 10 000 voix à l'heure actuelle...) mais l'espoir n'est pas vain, et le bénéfice à en tirer plutôt alléchant.

Je me permet tout de même de rappeler rapidement pour les retardataires le principe de Touhou, consistant en une série de shoot'em up en 2D type danmaku (comprenez le genre de shoot'em up où il ne s'agit plus de buter le boss de fin de niveau mais simplement de survivre plus de dix secondes face au barrage de projectiles) catégorie scrolling verticale (z'êtes en bas et faut aller en haut).
Je schématise mais l'idée est là.

Non non, c'est pas un nouveau Fantasia.

En plus d'avoir une fanbase mondiale assez conséquente compte tenu de son statut de jeu amateur, Touhou est pour moi une lueur d'espoir dans un monde dominé dans tous les domaines par les blockbusters où l'on ne jure que par la HD sans vraiment se préoccuper du scénario, ou même de ce petit quelque chose d'insignifiant qu'on appelait jadis le gameplay.
Alors s'il existe même une maigre possibilité de faire connaître Touhou - jeu sans prétention, addictif au possible et terriblement attachant - aux hordes de soi-disant gamers qui mouillent leurs froc à la vue d'un screen de MGS4 sans jamais avoir touché aux trois premiers opus, je fais appel à tous ceux qui affectionne de près ou de loin ces jeux au challenge réel et au plaisir simple (ou même simplement tous ceux qui se sont un jour fapé sur un fanart de Yuyuko) pour venir apporter leur pierre au noble édifice de la reconnaissance national.
Amis, votez Touhou!

Je ne sais pas si cet article verra jamais le jour, mais la simple idée de rappeler que 3D n'est pas synonyme de qualité à une horde de kikoolols me motive personnellement à un point orgasmique.
Et si en plus ça peut permettre à quelques personnes un peu plus ouvertes d'esprit de découvrir le petit monde de Gensokyo, son casting étirable à l'infini et le mode lunatic tueur d'épileptique, c'est pas plus mal.
Et puis ça reste le premier objectif de la manœuvre, hein?


Compris?



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En sus :

- Je suis tombé là-dessus, je me suis bien marré.

- Le tournoi des sailorfuku a débuté sur Meido-Rando, et je me rend compte que j'ai nettement plus de mal à faire des choix que lors du concours de tsundere. M'enfin pour la semaine qui vient, je pense que mon choix va se porter sur... euh... rien d'intéressant dans la première poule, et dans la deuxième... erf, si ça continue je vais en être réduit à voter du Vampire Knight. Et j'ai cru remarquer que l'uniforme de Lucky Star n'avait pas été retenu... ça c'est du fail de compèt'.

mercredi 2 septembre 2009

Hajimete no Aku : ça me rappelle pourquoi j'aime aussi le DFC.

Tout commence par une de mes banales pérégrinations au sein du net, à la recherche d'un quelconque artwork de bonne qualité sur Ga-rei. Oui, pasque je viens de recevoir mon tome 1 par commande premium sur Amazon, ce qui m'a occasionné un regain de passion intempestif, commande qui me fut d'ailleurs apportée par un livreur à un moment où j'étais tranquillement en train de pioncer (Aucun intérêt me direz-vous, mais puisque je ne cause pas assez de ma vie sur mon blog j'ai décidé de disséminer un peu de 3615 My Life un peu n'importe où, ça évite de faire des articles dédiés potentiellement chiants et en sus ça fait du volume. Tac!). Toujours z'est-il qu'en cherchant ledit artwork sur la fonction image de google (si vous avez l'occasion, ne le faite pas, ça mène à rien) je rencontre une autre image qui ne manque pas d'attiser ma curiosité (une image dont j'ai mis pas mal de temps à comprendre ce qu'elle foutait dans une sélection dont les mots-clés étaient "Ga-Rei" et "Kyoko")

Menottes, bien ça. Pyjama, yep. Short hair, nice. Confirmation qu'on a pas affaire à un trap, nickel. Raep time éventuel, ça se défend. DFC... ? Pourquoi pas.
Et hop! 30 chapitres plus tard, je me trouve sans conteste en présence du sujet de mon prochain article (celui-ci, donc). Pourquoi?
Mais voyons chers amis, parce que flat chest is fine too!



Hajimete no Aku


Auteur : Syun Fujiki
Série en cours



Synopsis :

Le jour se lève, le soleil brille, les oiseaux chantent, le ciel est bleu et Watari Kyouko se rend compte en se réveillant qu'elle est menottée à son lit. Là-dessus, un individu masqué armé de scalpels et autres outils chirurgicaux entend bien la disséquer sur place, elle et son petit corps. Échappant in extrémis à l'ablation programmée, Kyouko apprendra par la suite que l'individu en question n'est autre que son cousin, un savant fou appartenant à une organisation machiavélique dont le seul but est de détruire la paix dans le monde, et que celui-ci va venir s'installer chez elle avec sa grande soeur.
Si Kyouko apprécie énormément sa cousine, qu'elle considère comme sa propre sœur, il en est une toute autre paire de manche de Jiro, le scientifique aux cheveux rouges finalement pas si dangereux que ça, mais dont la principale préoccupation va être de faire de Kyouko son sujet d'expérience préféré. Car entre un cousin machiavélique transféré dans son école, un fan-club à gérer, des inventions tordues et une augmentation mammaire que Jiro aimerait décidément bien effectuer sur sa chère cousine, celle-ci va devoir faire des pieds et des mains pour ne pas finir transformée en neko-girl.



Vous l'aurez compris, la principale attraction de Hajimete no Aku ("My First Devil" en bon japanglais) c'est son héroïne flat et ô combien kawaï : Kyouko. Car sous ses airs de garçon manqué trappesque, Kyouko se révèle un trésor de fan-service DFCien (dingue le nombre de mots qu'on peut inventer avec presque rien...). Tous les subterfuges et excuses sont employés pour vous faire AIMER le flat chest : scène de vestiaire, chutes intempestives, maillots de bain, ...
Ajoutez-y du nekomimi, du meganekko ('savez, ce culte des lunettes), des pyjamas, sommeil, sailorfuku, loli, zettai ryouiki, shy, blushing, ... braif, Kyouko-chan est à deux doigts de remplir à elle toute seul l'intégralité des moe-modes recensés par le saint-père.
Avec un accent tsundere qui ne se néglige absolument pas, Kyouko est l'archétype du protagoniste qui se retrouve prit au milieux d'un bronx dantesque et qui serait prête à tout pour qu'on lui foute la paix, quitte à se laisser opérer la poitrine par son cousin perfectionniste.
Inutile de rajouter que J'AIME.

Hell Yeah!


Pour un peu, on en oublierait presque tout le reste, et pourtant, en se penchant légèrement on peut trouver deux-trois autres trucs bien sympa.
Au hasard, cet empaffé de Jiro, sa coupe de cheveux dans le vent et sa cape multifonction qu'on aimerait bien avoir la même. Non content de brailler à qui veut l'entendre que le corps de Kyouko est sa propriété exclusive, il passe son temps à encaisser les coups de battes, à user de ses inventions loufoques et à exhiber sa dentition en parfaite santé en attendant de pouvoir dominer le monde. Bien entendu, il mettra peu de temps à se rendre compte que la flat attitude de sa cousine ne le laisse pas indifférent.

Les graphismes tout à fait honorables conviennent parfaitement à l'ambiance du récit : c'est soft, clair, et Kyouko en mode cheveux raides, c'est juste Epic.
Point.

Parsemé de gags ma foi pas désagréables, agrémenté de quelques seconds rôles rafraichissants tel qu'un fan-club un peu moins boulet que la moyenne ou la traditionnelle panoplie d'entremetteurs acharnés, la série parvient sans trop bouleverser les codes du genre à nous faire prendre en affection cette héroïne au caractère bien trempé et au loli-power transcendant (avec ce je-ne-sais-quoi de kyonkoiste...), dont on attend la prochaine scène fan-servistique avec une étonnante impatience.
Plus encore si l'on ne se croyait pas automatiquement friand du genre.



Si l'on peut accuser une petite baisse de régime aux environs du vingtième chapitre, Hajimete no Aku reste une série qu'on aime à suivre. Résolument classique dans ses fondements le manga se montre néanmoins étonnamment attachant dans sa conception.
Un petit succès à mettre à 75% sur le compte de son héroïne, à 50% sur Jiro et à 47% à se partager sur tout le reste. Les bons comptes font les bons amis.

Et puis zut, un peu de DFC soft dans ce bas monde rempli de dangereux pervers, ça fait pas de mal. Groumf m'en parlait encore récemment... mais impossible de remettre la main sur ce doujin ou une iichou déguisée en pirate prend du plaisir avec son sous-fifre, ça fait deux jours que je cherche mais j'en ai marre de retarder cet article.
C'est bien là le malheur de 4chan, éphémère...

(Si ça dit quelque chose à quelqu'un, et que ce quelqu'un a un lien, je suis preneur!)



A fait pas de mal, j'vous dit.