mardi 3 mars 2009

Deadman Wonderland : Michael Scofield chez Mickey

Aaaaah, une petite critique, ça faisait longtemps. Quoique plus qu'une critique, parlons plutôt d'instant découverte. Effectivement, Deadman Wonderland, si il n'est pas un manga des plus connus offrant au premier abord une impression sympathique, il n'en reste pas moins qu'il évolue rapidement pour adopter un ton et un rythme nettement plus jouissif et haletant que nombre d'autres œuvres.

Au programme : une bonne grosse prison pleine de murs, une gardienne intransigeante avec un bonnet G, un renard, une albinos à la tenue plus moulante qu'une seconde peau, du sang, du rouge, des psychopathes, des combats, une pincée de WTF et encore un peu de sang (C'est un shônen, après tout...)


Deadman Wonderland


Auteur : Jinsei Kataoka
Illustrateur : Kazuma Kondou
Magazine prépublication : Shōnen Ace
Nombre de volumes au Japon : 4 (en cours)

Synopsis:

10 an après un grave accident à Tokyo, Ganta, un collégien assiste au massacre de tout ses camarades de classes par un homme en rouge en restant le seul survivant. Pris pour l'assassin, il se retrouve dans la prison de Deadman Wonderland.




Le résumé rend bien mal justice à la descente aux enfers de taré qu'est DW. En effet, chaque chapitre est un bon moyen d'enfoncer d'avantage le clou : sous sa couverture de parc d'attraction bon enfant, la prison de Deadman Wonderland est un endroit où il ne fait vraiment pas bon vivre, regroupant les psychopathes les plus atteints du Japon (Et dieu sait qu'ils sont nombreux dans ce coin du monde, les saligauds), théâtre de conspirations tordues et d'épreuves de survies aux dénouements décisifs, ce qui pourrait commencer par une bonne blague dans un style proche de Jing Roi des voleurs dégénère très vite en shônen nerveux avec ascendance glauque (YIIIPEEEE!!!)

Le quidam du dessus est le fameux homme en rouge, responsable du massacre des amis de Ganta et guerrier surpuissant renfermant le secret du pouvoir des Deadman : l'arbre de sang. Il semblerait par ailleurs que l'homme en rouge soit mystérieusement relié à DW... (Heureusement me direz-vous, sinon l'histoire aurait tendance à ramer sévère...).
Mais reprenons : au sein de la prison, Ganta ne tarde pas à réaliser que sa rencontre mouvementée avec l'homme en rouge lui a laissé un souvenir autant mental que physique, puisque le voilà capable d'user d'un pouvoir redoutable : l'arbre de sang, lui permettant de créer des globes de son propre sang qu'il peut tirer comme une balle de fusil. Le voilà donc devenu bien malgré lui un Deadman, et comme il aura l'occasion de s'en rendre compte, il est loin d'être le seul dans ce cas au sein du trop mal fréquenté DW...
Commence alors pour lui une nouvelle vie où il devra tenter de survivre tout en cherchant à venger ses amis massacrés.


Suite à une rencontre mouvementée avec une jeune fille vaguement familière aux goûts vestimentaires suggestifs à défaut d'être communs (Hormis peut-être pour ceux qui se souviendraient de Neoranga), Ganta apprendra bien vite la dure réalité de sa condition de condamné à mort, puisque le collier qu'il porte autour du cou insuffle régulièrement du poison dans son organisme, l'obligeant à se procurer tous les trois jours un bonbon antidote afin de reculer la date de sa mort... chose pas mal compliquée quand on a une réputation de tueur sadique collée sur son dos et un porte-monnaie plus vide que les globes oculaires d'Alma (La vie à l'intérieur de la prison fonctionnant avec un système de points de rôles, permettant aux pensionnaires d'améliorer leur propre confort, de s'offrir une remise de peine ou dans le cas présent, de s'acheter des bonbons antidotes). Si l'on pourrait croire que toute l'intrigue du manga se focalisera sur la manière dont Ganta pourra bien survivre tous les trois jours aux effets du poison, l'histoire se désintéresse bien vite de ce détail pour aborder le véritable sujet prompt aux bastons et aux révoltes carcérales : les Deadman et leur monde souterrain : le secteur G.


L'une des richesses de Deadman Wonderland, c'est le nombre impressionnant de personnages, dont les trois quarts se payent en plus le luxe d'être de sacrés bons personnages. A commencer par l'éternel loubard bourrin mais pétris d'honneur, foncièrement pudique lorsqu'il est question de femmes, ainsi qu'une petite demoiselle certes très mignonne bien que sensiblement aigri de la vie, ou même une héroïne mi-cruche, mi-super attachante mais pleine de surprises...
Ganta lui-même semble un cran au-dessus du héros lambda en matière de capitale sympathie, sans pour autant passer à côté du minimum syndicale en matière de tête à claque, mais on en attend pas moins d'un bon héros de shônen...
Niveau background, bien que peu d'informations aient encore filtré concernant le cataclysme de Tokyo, certains persos ont déjà bénéficié d'éclaircissement sur leurs passifs, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'on est loin de Casimir sur l'île aux enfants, ce qui nous promet une belle brochette de psycho-tarés en quête de sang frais.

Chuis amoureux...


Graphiquement, n'ayons pas peur de mimer la beaufitude mais foutredieu : c'est de la balle. On peut avoir au milieu de pages déjà de très bonne qualité une sublime illustration sortie de nulle part, comme dans une œuvre de Oh Great! (Peut-être pas autant tout de même, parce qu'y faut pas déconner, mais pas trop loin non plus). Les persos sont classes, les filles sont mignonnes, l'homme en rouge déchire, les illustrations tiennent bien la route et globalement, les décors sont loin d'être dégueus. C'est fluide, dynamique et propre.
A titre de comparaison, ça m'a un peu fait penser à du Ga-Rei.



Le manga n'étant pas terminé, tout reste à faire pour les malheureux et excités pensionnaires de DW. Néanmoins, l'action ne cesse d'aller crescendo, avec des combats aux déroulements un tant soit peu originaux et des coups de théâtre über-WTF (Un en particulier qui vous collera le cul à votre chaise) et une intrigue de plus en plus complexe, incluant en vrac des expériences scientifiques, des complots, des trahisons et même des chocolats à la liqueur! (Véridique!)

Une très bonne surprise que ce Deadman Wonderland donc, pour le moment au nombre de quatre tomes et la série ne semble pas prête de s'arrêter en si bon chemin. Reste à espérer que son auteur persévèrera sur ce niveau de qualité et ce sera tout bénef.