lundi 20 juillet 2009

L'instant glauque #1 ; A billhook is fine too

S'il y a bien une chose dont je raffole au sein de mes lectures nipponnes et de leurs pendants animés, c'est l'aspect parfois décomplexé de certaines situations ou de certains personnages moralement et politiquement très incorrectes. Sans déconner, voir une fillette déguisée en chaperon rouge qui dégomme du lolicon à coup de machette et de fusil à pompe en implorant le grand méchant loup de venir lui faire des trucs tordus fait partit de mon top 10 des trucs les plus jouissifs que j'ai eu l'occasion de faire dans ma vie (vous serez gentils en évitant de me demander la nature des 9 autres places du classement). C'est d'autant plus délectable lorsque, pour un cinéphile tel que moi, on passe un certain temps devant le cinéma américain et sa bienséance dégoulinante par tous les pores de la pellicule. Alors sans pour autant cracher dans la soupe, je ne rechigne jamais à savourer pleinement un petit instant glauque de derrière les fagots, gracieusement offert par je ne sais quel esprit tordu ou simplement plus libéré de cet autre côté du monde que nous apprécions tellement.
Mais quelle est la définition exacte du glauque? D'après Wikipéd... quoi? Ah merde, on peut bien faire confiance à Wikipédia juste pour cette fois! Braif, à l'origine, le glauque est une nuance de vert, à mi-chemin entre le vert et le gris. Mais depuis le milieu des années 80, ce mot est employé pour définir une chose donnant une impression lugubre et sordide, un sentiment de désagréable, de malaise ou simplement louche. Pour résumer, quelque chose de simplement dérangeant dans son sens le plus psychique.
Et ils sont nombreux à nous avoir dérangé au sein du décor otake : Higurashi, Goth, ce bon vieux Alucard ou la joyeuse bande de Battle Royal pour ne citer qu'eux, tant de noms dont l'écoute nous fait pousser de petits ricanements nerveux, souvenirs de nuits d'ivresses passées à guetter la prochaine grimace, le prochain éclat de rire et la prochaine giclure de sang.
C'est donc dans l'optique de faire un petit récapitulatif non exhaustif (et parfaitement subjectif) de tous ces morceaux de bonheur disséminés dans le paysage japanimesque, et pourquoi pas d'en découvrir de nouveaux sur les bons conseils de lecteurs avisés, que j'entame ce premier instant glauque, dans la joie et les rires sadiques.

L'instant glauque vous est présenté par quelqu'un qui vous veut du bien (si, si...)

(Et celui qui trouve d'où vient cette image qui n'a rien à voir avec l'article gagne une sucette)



Higurashi no Naku Koro ni


A tout seigneur, tout honneur. En effet, faire l'apologie du glauque sans parler d'Higurashi no Naku Koro ni serait pure folie. Bien que j'en parle plus précisément ici-même, il est toujours bon de s'attarder sur l'œuvre qui a donné ses lettres de noblesse à la race des Killer-loli.
Avec le scénario infaillible qu'on lui connaît, la série est une mine de détails tous plus tordus les uns que les autres Rien d'étonnant à cela puisque la série en elle-même joue sur tous les principaux clichés relatifs aus films d'horreur : meurtres en série, malédiction, paranormale, extraterrestres, torture mentale et physique, double maléfique, petites filles machiavéliques, cliffhangers pessimistes, j'en passe des meilleurs et des bien pires.
Si en tant que spectateur on a bien du mal à savoir à qui faire confiance, on ne peut que savourer pleinement l'ambiance très prenante de la série, notamment durant le premier arc, dont l'effet de surprise vous prend aux tripes tout du long.
Si le sang gicle bien comme il faut, si les ongles sont si méthodiquement arrachés, si les rires de tarés résonnent agréablement à nos oreilles et que les grimaces caractéristiques de la série sont devenues cultes, il est peut-être regrettable que la série se soit assagie par la suite, avec une saison 2 d'un haut niveau bien que nettement plus soft (pis je peux pas m'empêcher d'avoir été un peu déçu par le final...) et des OAV pas franchement à la hauteur du mythe, jouissant toutefois d'un fan-service abusif.

Une marque de fabrique dont on ne se lasse pas.


Ajouter au jeu dont est tiré la série et à l'anime en lui-même, Higurashi dispose d'un joli panel de produits dérivés, dont plusieurs mangas aux scénarios signés par Ryokishi07 en personne (ais lu Yoigoshi-hen, ça bute), de quoi prolonger un peu plus ce bel été de juin 1983, garni de couperet affutés, d'aiguilles à coudres et de vieux clous rouillés toujours près à rendre service.

A Hinamizawa, personne ne vous entendra crier...

Tu ne le sais pas encore, mais d'ici 2 minutes tu vas agoniser dans tes glaires.



Battle Royal


Battle royal a une petite connotation sentimentale pour moi, que ce soit pour le manga constituant l'une de mes premières séries régulières ou pour le film comme l'un de mes premiers films japonais (Entendez par la "premiers films de boucherie avec des ados psychotiques", un peu réducteur certes mais ce n'est pas le bon moment pour faire dans la finesse). Cependant nous nous attarderons ici simplement sur le manga (Gaffe, ça risque de gicler un peu).


Je me souviens encore que lorsqu'on est pas habitué au monde tortueux de la japanime, tombé sur un concept tel que Battle Royal, ça fout un peu les foies. Rappel du topo pour les ignares : une classe de troisième choisie au hasard dans un simili-Japon totalitariste est emmenée sur une île déserte, là-bas, ils devront s'entretuer jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un gagnant.
A l'époque ou j'ai découvert ce manga, je me trompais sur deux points :
1) Il était impossible de trouver un concept plus tordu (fallait-il que je sois si naïf...)
2) Il n'y a que les japonais pour inventer une histoire comme celle-là (Le hasard de mes recherches me donnera tord).
Quoique, concernant le deuxième point, depuis que King a cessé d'écrire il n'y a plus personne pour relever le défi (Saw, à la rigueur, mais bon... si quelqu'un trouve mieux qu'il me prévienne, je suis preneur).
Pour en revenir au manga BR, une fois le scénario digéré, il faut faire face à la deuxième fournée : le gore, et autant dire qu'à ce niveau ça torche sec. Plus que du sang, on a ici des glaires, des intestins, toute une panoplie de boyaux et d'os pilés qui explosent en gros plan version HD, le tout servit sur un chara-design franchement immonde par une collection de calibres allant du fusil à pompe au fusil mitrailleur, en passant par l'arbalète et la faucille. A ce niveau ça ne gicle plus, ça s'ablationne. Ajoutez une pelletée de WTF à chaque chapitre et une pause hentaï histoire de fignoler le tableau et vous obtenez un truc assez étrange, qui reste un peu coincé dans la gorge la première fois. Néanmoins, le malaise que l'on peut ressentir en début de parcours a bien tendance à se dissiper devant l'énormité de ce qui se passe sous vos yeux arrivé au dernier quart du manga.

Si tu savais ce qui va te tomber sur la gueule...

Il m'est arrivé de me demander pourquoi les américains n'avaient encore jamais cherché à faire un remake d'une licence aussi juteuse chez les japonais (Un film suffisamment célèbre pour parvenir de notre côté du globe, une suite à ce film (qu'on oubliera) et le manga, qui aura également une suite (qu'on oubliera pas mais dont on va bien se moquer par contre). Mais j'imagine que des élèves qui se charcutent au sein d'un régime totalitaire est un trip purement japonais, encore que...



Petite pause pour se pencher plus en détail sur un élément indispensable à une bonne atmosphère glauque : le psychopathe.
Facilement reconnaissable à son sourire figé un peu béas et au filet de sang coulant de la commissure de ses lèvres, le psychopathe incarne un rôle des plus importants au sein de son histoire : si le psycho est réussi, cela s'en ressentira dans l'œuvre, et si le psycho est raté...
Franchement, que serait Hellsing si Alucard n'était pas aussi timbré? Battle Royal aurait-il le même intérêt s'il n'y avait pas Kiriyama? Higurashi aurait-il le même punch si Rena n'était pas aussi rousse? A méditer...
Lorsqu'une grimace prononcée ne suffit plus à lui donner une personnalité marquée, le psycho se voit doter d'une arme propre, de préférence très tranchante ou très bourrinne, suffisante pour le reconnaitre entre milles sourires sadiques. Parmi les plus connues, on peut trouver le stun gun, la machette, le cutter, le fusil à pompe, le pistolet mitrailleur ou même la scie ("sifflement").
Le psychopathe se caractérise aussi plus généralement par son incapacité à crever rapidement. Il est en effet bien souvent nécessaire de s'y reprendre à deux ou trois fois pour espérer achever un taré de première devenu insensible à la douleur et ayant de toute façon fait sauter les derniers ponts le reliant au monde des bisounours. Pour quelques cas isolés, il est simplement impossible d'espérer s'en débarrasser, à moins d'avoir un cachot et une chaîne très solide à portée de main. Mais alors vraiment très solide.

Ku Ku Ku...



Tokyo Akazukin


Bon les gens, à partir de maintenant vous pouvez considérer que tout ce que vous avez vu jusqu'à présent, c'est Dora explore Franklin. Maintenant, on attaque le raide, le dégeu, la saleté régurgitante et régurgitée. L'ignoble, le genre de truc qui traîne au fond du net et dont tout ceux qui l'ont approché nie l'existence, assurant avec véhémence que si ce truc s'est trouvé sur leur PC, c'était tout à fait par hasard et de toute façon, ils vont le supprimer sur le champs tiens.
J'en ais fais une discrète référence plus haut, mais je suppose que tout le monde dans la salle n'a pas tilté, alors je reprend:
Dans les recoins sombre d'une ville crasseuse, une fillette qui s'est elle-même appelée le petit chaperon rouge ("Akazukin", donc) occupe ses nuits à espérer se faire "------" par celui qu'elle appelle le grand méchant loup. Elle passe donc de pervers en pervers, espérant trouver celui qui saura la déchiqueter comme elle le souhaite. Sauf que comme elle ne tombe que sur des lolicon standard, gras et velus, elle déglingue tous ceux qui la déçoivent avec une bonne décharge de fusil à pompe dans le nez. Ceci n'est pas sans attirer sur elle les foudres d'un inspecteur de police dérangé, avant que l'on apprenne qu'elle est en fait une immortelle au passé trouble, qui va attirer des trucs encore plus gores qu'un inspecteur de police borderline, alcoolique et à la rancune tenace. Alors entre un diablotin adepte du sleep-raep transformé en chat, une mutante quadri-antèrieuremembranée ou un patron de restau miteux avec des cornes, le planning est tendu... et le bestiaire est large, j'aime autant vous prévenir.


TA est de loin le truc le plus glaireux que j'ai eu l'occasion d'approcher durant mes pérégrinations au fin-fond du net, et j'aime autant vous dire que je commence à avoir du métier. Ce manga en 4 volumes est un parfait regroupement de tous les éléments glauques dont on puisse rêver : les graphismes volontairement brouillon filent la gerbe, l'ambiance étouffante et crasseuse n'aide en rien à faire passer la pilule et la petite Aka a un charisme à vous étouffer avec une cuisse de porc. Avec juste la peau sur les os, ses intestins qui volent et son sourire nerveux toujours casé dans un coin de sa bouche, son immortalité n'est qu'un prétexte à lui faire subir les trucs les plus immondes, allant de l'éventration en règle à toutes sortes de sévices peu ragoûtants.

Voilà

Le scénario (oui, oui, le scénario), s'il commence le plus simplement du monde se paye le luxe d'avoir quelques phases plutôt surprenantes, bien que cela se fasse parfois au détriment du glauque originel (M'enfin ça reste hachement chtarbé tout du long, z'en faites pas), l'occasion par ailleurs de renouer avec cette bonne vieille maxime : "a cat is fine too".
Je reparlais peut-être plus en détail de Tokyo Akazukin prochainement, parce qu'il y a pas mal d'autres choses à dire mais là on a fait le tour de l'essentiel.

Qu'est-ce que je disais déjà... ah oui! On parlait de tes glaires...




Voilà qui conclut ce premier instant glauque, à la découverte de trucs les plus tordus jamais pondus par la japanime. Mais ne vous en faite pas, j'ai encore plein de jolies choses en réserve pour la prochaine fois, c'est pas ça qui manque...
Faites de beaux rêves, les enfants!

(Et maintenant, un petit jeu : je vous mets au défi de me trouver un truc plus barré que Tokyo Akazukin, pour m'occuper durant les longues et chaudes journées d'été à venir...)

5 commentaires:

nautawi a dit…

Parce qu'il y a un truc plus glauque/malsain que Tokyo Akazukin ?!
OMH mon innocence va partir en fumée ... (en fait non, c'est déjà fait)

Grimm a dit…

Je sais pas, mais s'il y en a un qu'on me me fasse signe ^^

Iku a dit…

Ben perso, j'ai jamais lu Tokyo Akazukin, et je vais m'y mettre tout de suite, en tant que bonne petite fille adoratrice de gore que je suis xD

Sinon, en glauque aussi, y'a Franken Fran. Ah, ça, c'est un manga merveilleux (L) Fran-sama est EXTRAORDINAIRE.

Okabe Rintarou a dit…

En truc récent il y a Higanbana No Saku Yoru Ni de notre cher vieux Ryokishi07 (d'ailleurs le manga est sorti avant le VN, cherchez l'erreur...) c'est pas aussi taré que Tokyo Akazukin mais c'est facilement plus malsain que higurashi qui se contente de faire surtout dans le gore.

Grimm a dit…

Yep, j'y ai jeté un oeil. Autant il m'est arrivé de trouver Ryukishi07 un rien mou du genou (Okami Kakushi?), autant avec Higanbana il a sorti l'artillerie lourde.