dimanche 12 juillet 2009

The World God Only Knows... Amen.

Endossant sa fidèle veste rouge dépourvue du moindre pli, ajustant son écharpe avec des gestes sobres et calculés, il se lève. L'œil vif, la truffe au vent, rehaussant avec un dédain scintillant la jointure de ses lunettes, sa PSP bien en main, il incarne l'élégance, impose son charisme et irradie le bas peuple de sa classe.
Il est d'une race supérieur, celle des conquérants. La race de ceux qui ont su s'élever au-delà de leur condition, toujours plus haut, toujours plus grand...
Et pendant que d'autres célèbres le retour de leur idole hyperactive, je me suis trouvé un nouveau Dieu.


The World God Only Knows

Auteur :Wakaki Tamiki


Est-ce que 2D>3D?
De tout temps (et en espérant que mon prof de philo ne tombe jamais sur cette accroche), cette question s'est posée au sein des milieux intellectuels, partageant les avis, divisant les communautés et entraînant des guerres idéologiques à l'échelle mondiale. Pourtant, du point de vue de Keima Katsuragi, la vérité est simple et tout ce qu'il y a de plus logique...

Surnommé péjorativement Otamegane par ses camarades de classes, à cause de sa manie de rester constamment le nez plongé dans ses jeux vidéo au point de se couper du reste du monde, il n'en reste pas moins que ce cher Keima possède un autre surnom. Dans le milieux digitale, on le connait sous le modeste pseudonyme de Dieu des Conquêtes. En effet, il n'existe pas un avatar virtuellement féminin qui ne soit jamais tombé dans ses filets. Il connaît tous les trucs, pratiques toutes les tactiques et achève chacune des "routes" de galge et autres visual-novel qui croisent son chemin.
Son raisonnement est sans faille, sa logique, imparable. Pour lui, seuls les êtres faits de pixels méritent son attention et il règne sur le monde souterrain des geeks à l'échelle mondiale, telle une divinité respectée et pleine de bons conseils.

Kami-sama a parlé, écoutez sa voix.


C'est cette réputation qui lui vaudra de recevoir un jour un email suspect, lui demandant de l'aide en tant que Dieu des conquêtes. Y allant de son honneur, Keima accepte, sans réaliser que sa petite vie faite de plaisirs simples et de longues heures passées dans le monde féérique des héroïnes de jeux vidéos se retrouvera alors complètement chamboulée.
En effet, le contrat qu'il vient de conclure vient de faire de lui le partenaire officiel d'Elsee, démone novice chargée de la récupération des esprits maléfiques répandus dans le monde des humains... et plus précisément à l'intérieur du cœur des jeunes filles. Esprits maléfiques qui ne peuvent être capturés qu'en gagnant le cœur de la demoiselle à exorciser.
Keima va donc se retrouver forcé de faire équipe avec Elsee, forcé d'user de l'ensemble de ses talents pour gagner le coeur de jeunes filles bien en 3D, faites de chair et de sang, sous peine de se faire exploser la cervelle par un collier spéciale.

C'est pas gagné


TWGOK a cela de jouissif que sous couvert d'un scénario loufoque, l'auteur use et abuse avec plaisir de tous les clichés relatifs aux jeux de dragues, que Keima maîtrise comme personne. Véritable arme de séduction massive, Dieu (ou Kami nii-sama, pour les démone admiratives) se montre tout d'abord réticent à l'idée de mettre en pratique ses techniques au sein du monde réel, mais la force des choses le poussera à faire étalage de sa toute puissance sur les demoiselles de son entourage. La sportive, la coodere, la tsundere, l'idole, la yandere, la loli, ... absolument tous les genres, classes ou types y passent, et ceux qui n'y sont pas encore passés ne tarderont sans doute pas. Pourtant, même si l'emploi aussi prononcé des archétypes japanimesques pourrait faire craindre des personnages particulièrement ternes, il n'en est rien.
Effectivement, bien qu'une grande partie de l'œuvre ne repose sur les frêles épaules de Keima, jeune et digne garçon à l'esprit vif surfant sur la vague des tacticiens au charisme dévastateur tels que Light, Lelouch et autres Kurosawa, le reste du casting quasi-intégralement féminin se montre tout à fait à la hauteur, personnalisant chaque fois un cliché en y ajoutant une petite touche qui la rend unique. Ajouté à celà le coup de crayon de l'artiste qui donne un ton franchement attachant à l'ensemble, avec souvent un concentré de moe à vous pendre par les yeux.

Toute résistance est futile.


Et puisqu'on parle de moe, parlons d'Elsee.
Alliée indéfectible de celui qu'elle appelle Kami-sama, la petite démone de bonne volonté mais à la maladresse toute traditionnelle sert en quelque sorte de détecteur à démon. C'est donc à elle qu'incombe la tâche de repérer et de désigner à Keima sa prochaine cible. Par ailleurs, en plus de s'offrir la première scène de fan-service du manga (lequel est par ailleurs d'autant plus rare puisque réduit au strict minimum) elle cumule le poste de la petite sœur attentionnée débordante de moe possédant quelques pouvoirs et objets magiques ramenés des enfers (je suis bien resté une minute à me marrer devant sa poupée spéciale remplacements improvisés).


Découpés en arcs durant chacun desquels Keima doit lutter corps et âmes pour exorciser à sa manière les jeunes filles possédées, le manga suit un rythme relativement bien ficelé. Entre chaque arc, on se concentre plus particulièrement sur la vie quotidienne de Keima, et sa philosophie sur le monde, les jeux et le God's Mode. Le chapitre 6 est à ce sujet une vraie tuerie dans le plus pur style WTF (vous avez déjà essayé de jouer à 6 jeux en même temps? Kami-sama l'a fait). C'est lors de ces petits arcs que l'on mesure tout l'amour et la PASSION de Keima pour les jeux, faisant de lui l'incarnation suprême du geek, le vrai, le dur, le tatoué.


Parsemé de petits gags qui font mouches, de quelques références savoureuses et de répliques de toute beauté, The World God Only Knows, au-delà de son titre à rallonge, se pose comme un hymne au geekisme, aux jeux de drague et à la polygamie. Se voyant renforcé au cours de sa progression par la venue de persos tous plus attachants les uns que les autres, enchaînant les situations loufoques et les tactiques ingénieuses pour enfin entrevoir la fin de la route qui s'offre au tout-puissant Kami-sama.
Pour peu que vous soyez réceptif à la beauté de la 2D, vous pouvez prétendre aux sains enseignements de Keima Katsuragi, saint patron des geeks de ce monde.

Et souvenez-vous que tant qu'il y a des points de sauvegarde, il y a de l'espoir!


3 commentaires:

Ygard a dit…

Peu importe le niveau de moe, Elsee est supérieure :

http://www.onemanga.com/The_World_God_Only_Knows/24/07/

Nemo a dit…

Très très bon, merci pour le tuyau. :)

nautawi a dit…

Excellent manga ! Je l'avais déjà découvert auparavant mais il n'y avait malheureusement pas d'article pour le promouvoir dans la communauté otaque.
Mais là, c'est fait ! (c'est très bon article aussi)