samedi 30 juin 2012

Avant-première Les Enfants Loups, Ame & Yuki.


Lundi soir, c’était l’avant-première mondiale à Paris du dernier film de Mamoru Hosoda, Ookami Kodomo no Ame to Yuki, traduit Les Enfants Loups de par chez nous.
J’y étais.

Je m’en suis pas encore remit.


Et je sens que ça va prendre longtemps, loooongtemps, avant que je puisse penser à ce film sans avoir les tripes qui se serrent.
Pour la faire courte, j’ai rarement (jamais ?) été autant bouleversé par un film.
Je veux dire… tel que vous me lisez, je viens tout juste de cliquer sur le lien qui confirme ma précommande du cd single de l’ending du film.

Je n’achète jamais de cd.
Jamais.

… Et là, je viens d’acheter un cd audio d’un ending que j’ai entendu qu’une seule fois et dont je ne me souviens même pas de l’air.
Et le meilleur ?
Envoie Fedex. 17€.
Pour un CD audio avec deux musiques dessus.


…… Vous commencez à le visualiser, le niveau du coup de cœur ?
Okay, reprenons.


Fuck Yeah!


Lundi 25 Juin 2012, donc, avant-première mondiale des Enfants Loups, un mois avant le Japon. Dans le genre exclu de ouf… Si je devais rationnaliser ça, je dirais que l’extraordinaire avant-première de Summer Wars il y a deux ans a dû pas mal aider.

Summer Wars, reparlons-en.
Mon article de l’époque vous confirmera que j’en garde un souvenir du CHARISME. Voilà un film qui, avec l’ambiance incroyable qui régnait dans la salle, vous foutait une oméga-pèche de tous les diables. Avec ce film, Mamoru Hosoda me tenait par les couilles, et serré.
Je ne parlerais même pas de la séance de dédicace un rien improvisée qui s’en est suivit, où une trentaine de quidams avait pu tailler le bout de gras avec le Monsieur (fort sympathique) puis repartir avec un zoli dessin de la main du Maître.

S’en est logiquement suivit pour moi le visionnage de La Traversée du Temps, son précédent et premier grand film, et je dois dire que ce fut… mitigé.
De base, je suis excessivement tatillon sur la question des voyages temporels, j’ai globalement trouvé le film assez mou, bref… la pression sur mes couilles s’était pas mal adoucie.

Et me voici, le jour de l’avant-première, quelque peu circonspect. Les différents trailers sur Les Enfants Loups laissait présager une ambiance plus proche de La Traversée du Temps que de celle survoltée de Summer Wars. Du coup, j’étais un peu…
Non, l’un comme l’autre, j’étais certain que j’allais voir un bon film.
Parce que hey, avec une affiche pareil, impossible de se planter.

Mon optimisme s’était déjà vu donner un fameux coup de pompe au derche un peu avant la séance, lors de la séance de dédicace organisée au dernier bar avant la fin du monde.
Une fois encore, c’est un Mamoru Hosoda souriant au possible qui a offert son petit dessin à chacun des 40-50 fans qui avaient fait le déplacement.


Celui-là, je veux me faire incinérer avec.



Et donc, le film.

Joli, vraiment, avec quelques plans superbes. Une animation pas extraordinaire en soi, mais très, très correcte.
J’ai entendu des gens débattre de la présence ou non de prises de vue réelles et de l’usage fréquent ou pas d’éléments 3D.
Perso, je m’en branle. Des deux mains.
Une bande-son agréable, avec une fois encore de belles pièces dans le lot. Mais je garde assez peu de souvenirs des bande-son en règle générales, donc je ne suis pas le mieux placé pour juger.
Bon, et l’ending je m’en souviens pas vraiment, si ce n’est que je l’ai adoré.


Et l’histoire.

*Profond soupir*
Comment vous dire…
Je me demandais si j’aurais droit au style Traversée du temps, au fun en barre de Summer Wars…
Au final, j’ai eu ce que je pouvais espérer de mieux : un truc auquel je ne m’attendais pas.

Nous suivront donc sur plus d'une dizaine d'année la vie d'Hana, une jeune fille qui tombe amoureuse d’un homme-loup, lequel lui donnera deux enfants… « métisses ».
Mais le père décède tragiquement peu de temps après leur naissance et Hana doit élever ses enfants seule.
Face au danger que représente un environnement trop peuplé pour ses enfants, elle décide de les emmener vivre à la campagne…

Comprenons-nous.
Je suis victime de ce qu’on appelle un coup de cœur. Tel que vous me lisez, je suis l’antithèse de l’objectivité.
Objectivement, le film n’est pas aussi puissant que je m’apprête à vous le dire. Y a des défauts dans la narration et l’évolution que moi-même je garde en mémoire, entre autre.
Mais, hey, objectivement, je m’en fous.
J’ai pris ce film dans la gueule.

Donc.
Si je devais décrire le film rapidement, je dirais qu’il est… émouvant. Pas juste « émouvant », vraiment… émouvant.
Parce qu’il est juste.
L’histoire est menée avec justesse.
Les personnages, pour la plupart, sont écrits avec justesse.
Les thèmes de la parentalité, de l’éducation ou simplement des différentes phases de la vie des enfants sont introduits avec justesse.
Je veux dire… des films sur des parents ou simplement des mères du charisme, j’en ai vu quelques uns. Mais pour la première fois, par le biais d’Hana, maman déterminée et d’un dévouement total et néanmoins naturel pour ses enfants (un aspect naturel qui m’a particulièrement marqué, surtout mit en contraste avec un autre personnage qui apparait vite fait), j’ai réellement eu un fragment, un bout d’aperçu de ce que ça pouvait faire d’être parent.
Et ça me colle une angoisse monstrueuse.
Alors qu’à moins d’un gros pépin, c’est pas demain la veille que j’aurais un gosse, hein.
Mais quand même.

Je m’abstiendrais d’en dire trop, bien sûr, simplement après avoir vu ce film, vous regarderez d’un autre œil les mères apeurée en voyant leur shônen de fils quitter la maison pour aller sauver le monde.
Mais vraiment.

Alors non, je  ne trouve pas ce film parfait. Certains personnages m’ont paru maladroitement négociés, certains trop peu intéressants, certains passages n’ont pas la force qu’ils auraient mérité d’avoir…

Mais voilà.
Les Enfants Loups est un film magnifique qui m’a profondément bouleversé et qu’il faut que vous voyez.
Y a des chances que vous ne soyez pas aussi marqué que moi, c’est même très probable.
Mais que ça ne vous empêche pas de payer votre ticket pour aller le voir quand il sortira le 29 août.
Objectivement ou pas, vous passerez un bon moment.
Promis.


En tout cas, je remercie Kaze et Eurozoom pour cette avant-première du charisme.
Et bien sûr, je remercie Mamoru Hosoda parce qu’il est sympa et surtout parce qu’il m’a remué les tripes deux fois de suite et d’une manière totalement différente à chaque fois.

Ça fait bizarre, mais je regrette pas.


Vivement la prochaine fois.






Et tant que vous y êtes, passez faire un tour à l'expo dédié au film à la galerie Arludik.
Et on me chuchote dans l'oreillette qu'il y aura des goodies du film trouvable à la Japan Expo.
J'aime ce film, je vous l'ai dit?