mardi 1 janvier 2013

Molester Man

Tout commença sur 2ch.
Il y a de cela un moment, un anonymous y créa un sujet de discussion dans lequel il racontait comment il avait été prit pour un stalker. Cette méprise entraîna une série de rencontre. Ces rencontres formèrent une histoire.
Cette histoire, Yoko, le talentueux auteur d'Onani Master Kurosawa, s'en empara et en fit un manga.

Et quel manga.



Titre  : Molester Man
Titre original : Chikan Otoko
Support : Manga (doujin)
Genre : Comedy, Drama, Romance, Seinen
Publication : 21 chapitres, série terminée.
Auteur : Yokota "Yoko" Takuma



Ainsi donc, nous autres lecteurs atterrissons dans les baskets d'un brave jeune homme de 20 ans qui, en suivant d'un peu trop près une charmante demoiselle, se verra offrir un aller-simple par la case garde-à-vue. Il faut dire que ladite demoiselle ayant par le passé eu affaire à un stalker récalcitrant, un rien la fait paniquer.
Mais à force de clamer son innocence, la méprise est finalement levée. Par ailleurs, les rencontres à répétition avec la charmante demoiselle sont l'occasion pour notre héros de nouer un début de relation...
... Et comme notre héros est un looser d'otaku pur jus, autant dire qu'il s'agit de la chance de sa vie !
Nous suivons donc l'évolution de cette relation naissante, au travers de ses rapports réguliers faits aux habitants de 2ch.

Si ce modus operandi vous est familier, c'est que vous avez sans doute fait le rapport avec L'homme du Train (Densha Otoko), dont le héros adoptait une manière similaire de raconter son histoire. Les personnages de Molester Man y font parfois directement référence et l'auteur Yoko réemploie le système des surnoms... en y ajoutant sa patte personnelle. Si les personnages principaux de L'homme du Train étaient désigné par des pseudonymes comme "Densha" ou "Hermès", ceux de Molester man ont droit à du "Molester" (le héros, donc), "Miss Understanding", "Kansai" ou même "Loli".
En fait le titre même Chikan Otoko peut sans problèmes passer pour une parodie de Densha Otoko.


Molester retrouvant Miss Understanding.


Autant vous prévenir de suite, si vous pensez pouvoir prédire la suite des opérations à partir du point de départ donné plus haut, vous vous trompez.
Assez tôt, l'histoire va connaître un tournant. Pas un virage soudain, mais une tranquille, naturelle rotation. Si la totale véracité de cette "histoire vraie" reste à confirmer, elle possède cet on ne sait quoi d'imprévisible et finalement "logique" (ou implacable, choisissez) qui caractérise la réalité. 
Le réalisme est un aspect important de l'histoire, mais ça ne l'empêche pas de s'abandonner à quelques délires de bon aloi dans lesquels Molester laisse ses pensées énergiques déborder sur toutes les cases.




En parlant de cases, passons rapidement sur l'aspect visuel : 
On reconnait sans mal la patte de l'auteur d'Onani Master Kurosawa, avec quelques années de maîtrise en moins toutefois, Molester Man étant paru avant OMK. Il ne faut pas beaucoup de doigts pour compter le nombre de décor que Yoko aura dessiné. Mais dans la mesure ou le récit est extrêmement focalisé sur les personnages, leurs discussions et/ou leurs échanges de mails, la simplicité du trait est totalement dépassable. De toute façon, tout ce que l'on est en droit d'exiger est que les personnages soient expressifs. C'est le cas. Foutrement le cas. Donc bon.

Le récit est ainsi majoritairement composé de discussions et de longs échanges de mails (surtout dans la première moitié). Un autre auteur que Yoko aurait rapidement fait tourner ces échanges en quelque chose de super laborieux et lourd à suivre. Mais ici, on a rien de moins affaire qu'à du développement de personnage at his finest. Ce n'est pas toujours passionnant, ça n'a pas vocation à l'être, mais ce n'est jamais rébarbatif, c'est simplement la parfaite illustration du procédé qui consiste à laisser des personnages discuter, de tout, de rien,  en se balançant une petite vanne de-ci de-là, jusqu'à la fin de la discussion. Et ce n'est qu'une fois cette discussion terminée que l'on réalise l'évolution, subtile, qui a eu lieu entre les deux personnages.

C'est juste de la fucking maîtrise ça mes enfants.
21 chapitres de fucking maîtrise.

En terme de rythme, n'ayons pas peur de parler d'un début lent... comme tous les grands huit, si vous voyez ce que je veux dire. Parce que niveau loopings émotionnels, je met mon Seal of Approval, mon Quality Award et mon Satisfait ou Remboursé d'office. Mais vraiment, hein.

Je n'aime pas donner le moindre détail sur le déroulement global d'un truc que je recommande, je ne voudrais pas gâcher la moindre impression, alors je vous dirais simplement que Molester Man fait partie de ces courtes oeuvre qui ne demandent pas plus d'une grosse soirée de lecture. Mais au terme de cette soirée, vous devriez vous sentir comme si vous veniez de conclure un périple qui aura duré plusieurs années. Et avec un peu de chance, vous aurez l'impression d'être un peu différent du moment où vous l'avez commencé.
Différent et meilleur.







Si vous avez lu et apprécié Onani Master Kurosawa, jetez-vous sur Molester Man sans hésitation, il ne fait que confirmer la maîtrise de Yoko pour des sujets tels que la remise en question, les relations, qu'elles soient amicales ou amoureuses et la maturité (même si pour Molester Man, je dirais que c'est un chouïa plus compliqué). 
Et si vous n'avez pas lu Onani Master Kurosawa... vous avez ces deux mangas de Yoko  à rajouter d'urgence à votre liste.

Pourquoi ?
Parce qu'ils font partis de ces œuvres qui peuvent rendre meilleurs.



Franchement, ce serait ballot de s'en priver, hein ?

Aucun commentaire: